Cinémathèque suisse - mars 2017

, par  Raymond SCHOLER , popularité : 12%

Au programme du mois de mars : suite de l’hommage au cinéma canadien ; coup d’œil sur les productions de Marcel Hoehn ; projection du dernier film de Bertrand Tavernier ; rétrospective Ken Loach.

Cinéma Québécois contemporain
L’hommage au cinéma canadien francophone se poursuit avec, à quelques exceptions près, les mêmes films qu’en février. Prière de consulter le programme dans le bulletin qu’on peut trouver à la caisse du Casino de Montbenon ou sur le site www.cinematheque.ch.

Marcel Hoehn, producteur
Derrière les films suisses importants, il y a souvent un producteur courageux qui a préparé le terrain au préalable. Depuis 1976, Marcel Hoehn a rempli cette fonction de façon admirable, avec 48 titres à son actif. Le sort a voulu que le premier film qu’il a produit, fût également un triomphe critique et populaire : Die Schweizermacher (1978) de Rolf Lyssy.

Walo Lüönd et Emil Steinberger dans « Die Schweizermacher »

Après un succès pareil, la carrière de Marcel Hoehn était lancée. S’intéressant autant à la fiction qu’au documentaire, il a non seulement été le producteur attitré de Daniel Schmid, de Christoph Schaub et de Bruno Moll (entre autres, Brain Concert , 1998, fascinant documentaire sur le cerveau humain), mais également, à l’occasion, de Fredi M. Murer ( Vollmond , 1998).

Sara Scuderi dans « Il Bacio di Tosca »

De Schmid on pourra revoir Hécate (1982), Il Baccio di Tosca (1984), Hors saison (1992), Das geschriebene Gesicht (1995) et Beresina oder Die letztenTage der Schweiz (1999). De Schaub : Jeune Homme (2006), Giulias Verschwinden (2009), Bird’s Nest - Herzog & De Meuron in China (2008), mais hélas, ni Stille Liebe , ni Happy New Year , ni, surtout, Nachtlärm , dont on attend toujours la version originale en Suisse romande.

Bertrand Tavernier
Le 21 mars, au cinéma Capitole, le cinéaste français présentera son chant d’amour au cinéma français sonore, Voyage à travers le cinéma français , révélé au dernier festival de Cannes. Le film dure un peu plus de trois heures, mais on en redemande, car le cinéaste a en quelque sorte lié son propre devenir à sa découverte du cinéma national. Dans notre précédent numéro, Christian Bernard a exprimé son enthousiasme. On ne peut qu’abonder dans son sens.

Ken Loach
Une rétrospective dans laquelle manquent uniquement les deux films de fiction The Game Keeper (1980) et Fatherland (1986) peut être considérée comme quasi intégrale, d’autant plus que quelques fictions et documentaires réalisés pour la télévision sont également de la partie. Si vous avez donc des lacunes dans l’œuvre très engagée du grand cinéaste humanitaire britannique, voici venu le mois pour hanter la Cinémathèque. Loach est à la tâche depuis 53 ans et ne donne pas signe de vouloir se ranger. I, Daniel Blake , couronné l’année passée par la Palme d’Or, est même un de ses plus beaux films. Comme presque tout est digne d’être visionné au moins une fois, vous attendez sans doute de moi que je vous signale les films à éventuellement laisser tomber.

Luke Brown et Crissy Rock dans « Ladybird, Ladybird »

Honnêtement, Looking for Eric (2009) et Route Irish (2010) ne sont pas vraiment indispensables. Mais on y passe quand même un beau moment. Les sommets ? Riff-Raff (1991) pour voir comment vit la classe ouvrière après 11 ans de démantèlements sociaux par le thatchérisme, Raining Stones (1993) où un chômeur veut fêter dignement la première communion de sa fille, Ladybird Ladybird (1994) où une mère lutte pour récupérer les enfants dont les services sociaux lui ont retiré la garde, My Name is Joe (1998) pour le second souffle qu’un chômeur écossais est décidé à donner à sa vie et The Wind that Shakes the Barley (2006) sur la tragédie irlandaise qui, en 1920, opposait des membres de la même famille dans la lutte pour l’indépendance (mon florilège étant, vous le devinez, strictement personnel).

Cillian Murphy et Padraic Delaney dans « The Wind that Shakes the Barley »

Divers
Deux avant-premières à noter :
L’autre Côté de l’espoir (le premier film d’Aki Kaurismäki depuis Le Havre , 2011) le 9 mars.
La Mort de Louis XIV (de et en présence d’Albert Serra) le 29 mars.

Raymond Scholer