Aix : Botero, dialogue avec Picasso

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L’originalité de cette exposition est de présenter la riche production du maître colombien sous un angle inédit qui explore ses affinités artistiques avec Pablo Picasso.

Pablo Picasso, « La danse villageoise », 1922
pastel fixé et huile sur toile, 139,5 x 85,5 cm, dation en 1979, Musée National Picasso, Paris © Succession Picasso 2017 © Photo : RMN-Grand Palais (Musée national Picasso-Paris) / Mathieu Rabeau

A la soixantaine d’œuvres de Botero (huiles, œuvres sur papier, sculptures) font écho une vingtaine d’œuvres majeures de Picasso, issues notamment des collections du Musée national Picasso-Paris et du Museu Picasso de Barcelone.

Malgré des origines éloignées, des histoires et des trajectoires différentes, ces deux grands artistes partagent des références géographiques et culturelles communes. Dès sa jeunesse, Fernando Botero (né en 1932) a observé l’œuvre de Pablo Picasso (1881-1973), dont il admire la riche palette, la monumentalité et la sensualité des volumes. Mais Botero admire plus encore le « non conformisme » (sic) de Picasso. Chez les deux artistes, la déformation des corps et des volumes correspond à un regard résolument subjectif sur la réalité. Elle traduit aussi une posture radicalement moderne dans l’histoire de la figuration, à l’origine chez chacun d’entre eux d’un langage artistique inimitable, propre à chacun.

Fernando Botero, « Danseurs », 2002
pastel sur papier, 142 x 118 cm, collection particulière © Fernando Botero

Les carrières respectives de Botero et de Picasso sont traversées par des interrogations majeures sur la peinture et sur l’art. L’exposition d’Aix propose de parcourir de salle en salle des thématiques qu’ils se sont appropriées (Le portrait et l’autoportrait / Les appropriations de l’histoire de l’art / La nature morte / Le nu / L’artiste face aux grands événements historiques et politiques / La corrida / Le monde du cirque / La musique et la danse).

Parmi les œuvres phares, on peut citer le diptyque de Botero D’après Piero della Francesca (1998), la gigantesque Poire (1976) ; mais aussi L’Acrobate (1930), Massacre en Corée (1951) de Pablo Picasso ou encore son interprétation des Ménines de Velazquez, de 1957.

En parallèle aux peintures, l’exposition présente quelques sculptures de Botero dont son imposant Cheval (1999), ainsi qu’une vingtaine de dessins des deux artistes. Technique largement exploitée par les deux artistes, le dessin permet de découvrir un aspect moins connu de l’œuvre de Botero et un côté plus intime de sa pratique artistique.

Du 24 novembre 2017 au 11 mars 2018