Rouen : Pablo Picasso

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Dès le 1er avril, Pablo Picasso sera à l’honneur d’une triple exposition à Rouen : au Musée des Beaux-Arts, au Musée de la Céramique et au Musée Le Secq des Tournelles. Pour la 1ère fois en Normandie, trois approches originales dans trois institutions culturelles de la Réunion des Musées Métropolitains seront dévoilées, à travers de nombreux chefs-d’œuvre du maître espagnol : peintures, dessins, sculptures, céramiques…

Musée des Beaux-Arts de Rouen : « Boisgeloup : l’atelier normand de Picasso »
Peu de gens le savent, Picasso a résidé et travaillé pendant cinq années en Normandie, dans son château de Boisgeloup, près de Gisors. Jusqu’ici, aucun ouvrage, aucune exposition n’avaient été consacrés à cette période intensément créative, qui s’étend de 1930 à 1935, et voit Picasso pratiquer particulièrement la sculpture, mais aussi la peinture, le dessin, la gravure, la photographie avant de s’adonner à l’écriture. La Normandie, par ailleurs, n’avait encore jamais accueilli une exposition significative dédiée au grand maître du XXe siècle.
En juin 1930, Picasso acquiert le château de Boisgeloup. Tout en continuant à habiter à Paris, il fait de ce lieu une résidence de séjour, et surtout y aménage son premier atelier de sculptures.
Secrètement amoureux de Marie-Thérèse Walter, il vit une période intensément créative, qui s’exprime également à travers la peinture, le dessin, la gravure et même la photographie. Ce moment rare, où l’inspiration renaît avec l’amour caché, est révélé pour la première fois en France dans une exposition rassemblant près de deux cents œuvres et documents grâce au Musée national Picasso-Paris et de collections privées.

Musée Le Secq des Tournelles : « Picasso / González : une amitié de fer »
Julio González est considéré à juste titre comme l’inventeur de la sculpture en fer moderne. De fait, il contribua à renouveler profondément ce domaine par ses recherches sur la fusion du plein et du vide, par sa synthèse entre « géométrie abstraite et figuration tridimensionnelle » (Brigitte Léal), par son utilisation de l’espace comme partie intégrante du processus plastique.

S’il se montra perméable aux différentes tendances de la modernité (primitivisme, cubisme, surréalisme), il apporta véritablement sa propre pierre à l’édifice par sa conception de la sculpture comme « dessin dans l’espace » et sa mise en œuvre dans des sculptures manifestes, telles la Femme à la corbeille (1934) ou Le Rêve, Le Baiser (1934). Sa parfaite maîtrise technique issue de sa formation dans l’atelier de ferronnerie familial, combinée à une approche théorique nourrie de sa pratique, l’érigent comme l’un des pionniers de la sculpture moderne, au même titre que Constantin Brancusi (1876- 1957), Pablo Gargallo (1881-1934) ou Alberto Giacometti (1901-1966).
Son amitié avec Picasso a été déterminante dans la carrière des deux artistes. Cette exposition s’attache à retracer l’évolution du travail de chacun ainsi que leurs échanges esthétiques. Cette confrontation bénéficie d’une quarantaine de prêts du Musée national d’art moderne et s’inscrit parmi les festivités organisées à l’occasion des 40 ans du Centre Pompidou.

Musée de la Céramique : « Picasso : sculptures céramiques »
Plusieurs expositions ont été consacrées à la céramique de Picasso depuis une vingtaine d’années. L’importance de cette production, tant quantitativement que qualitativement, est acquise, tout comme le fait que Picasso peut être considéré comme un véritable céramiste qui a œuvré à l’intérieur des paramètres de la discipline, maîtrisant les techniques et les concepts tout en proposant de nouvelles idées.

La céramique de Picasso a également été appréciée au sein de l’ensemble de ses prestations dans les différents domaines des arts appliqués. Elle a aussi été replacée dans le contexte méditerranéen qui l’a vu naître (Picasso céramiste et la Méditerranée, 2013) et vue à l’aune de son intérêt pour les diverses formes de l’art et des traditions populaires (Un génie sans piédestal. Picasso et les arts et traditions populaires, 2016).
L’exposition Picasso : Sculptures céramiques permet de replacer cette production dans le cadre plus large de ses recherches formelles autour des notions de formes, d’appropriations, d’espaces et de vides. Après avoir expérimenté la céramique au début de sa carrière, Picasso renoue avec ce médium à Vallauris à partir de 1946. Il développe alors une œuvre immense, dans laquelle son génie créateur régénère une pratique ancestrale à laquelle il est particulièrement attaché. L’exposition du musée de la Céramique s’attache à souligner la dimension sculpturale de cette production et à mettre en évidence ses fulgurantes innovations.

Du 1er avril au 11 septembre 2017