Venise : Irving Penn

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Sous le titre« Irving Penn, Resonance », 130 photographies, de la fin des années 1940 au milieu des années 1980, sont présentées au deuxième étage du Palazzo Grassi.

L’exposition conçue par Pierre Apraxine et Matthieu Humery, réunit 83 tirages au platine, 29 tirages argentiques, 5 tirages dye-transfer aux couleurs éclatantes ainsi que 17 internégatifs encore jamais montrés.

Sont abordés tous les grands thèmes chers à Irving Penn, qui, au delà de la diversité apparente de leurs sujets, ont tous en commun de saisir l’éphémère dans toutes ses facettes Ainsi en est-il de la sélection de photographies de la série des « petits métiers » réalisée en France, aux États-Unis et en Angleterre dans les années 1950. De même, les portraits des célébrités du monde de la peinture, du cinéma et de la littérature des années 1950 à 1970, qui côtoient les clichés ethnographiques des habitants de la République du Dahomey, des aborigènes de Nouvelle Guinée et des hommes du Maroc, mettent en exergue avec force la brièveté de l’existence que subit l’humanité, qu’elle soit nantie ou démunie, célèbre ou inconnue.

Au sein de ce parcours, qui favorise les dialogues et les correspondances entre œuvres de sujets et de périodes différents, la nature morte revêt une importance de premier plan : y sont rassemblées les photographies de la fin des années 1970 et du début des années 1980, composées de mégots de cigarettes, de coupes de fruits, de Vanités ainsi que de crânes d’animaux photographiés au Musée d’Histoire Naturelle de Prague en 1986 pour la série « Cranium Architecture ».

Ce large panorama, où des images très peu connues voisinent avec les pièces les plus iconiques de son œuvre, témoigne de l’esprit de synthèse très particulier qui caractérise si fortement Irving Penn : chez lui, la modernité ne s’oppose pas nécessairement au passé, le contrôle absolu de chaque étape de la photographie, du studio au tirage (auquel il consacre une importance et un soin sans équivalent) permet d’approcher au plus près la vérité des choses et des êtres, dans un questionnement permanent sur le sens du temps et sur celui de la vie et sa fragilité.

Jusqu’au 30 novembre 2014.

Voir en ligne : Palazzo Grassi