Meyrin : Trio Wanderer

, par  Pierre JAQUET , popularité : 9%

Le 20 février prochain, les auditeurs genevois retrouveront une formation qui avait déjà enthousiasmé la salle du Forum en mars 2008.

C’est sur les bancs du Conservatoire national supérieur de musique de Paris que le Trio s’est constitué en 1987. A cette époque-là, le violoniste était Guillaume Sutre, que Jean-Marc Phillips-Varjabedian a par la suite remplacé ; c’était en 1995. Après un premier prix de musique de chambre, le trio s’est perfectionné auprès de grands maîtres comme Menahem Pressler, le pianiste du légendaire Beaux Arts Trio. Le Trio Wanderer a par ailleurs reçu deux Victoires de la Musique, en 1997 et en 2000, au titre de « meilleur ensemble de musique de chambre de l’année ».
Aujourd’hui, c’est au tour des Wanderer de délivrer leurs leçons à de jeunes ensembles : par exemple, ils donnent des « masterclasses » au Festival de la Roque d’Anthéron alors qu’eux-mêmes ont été, il y a vingt-deux ans, les premiers à en bénéficier dans le petit village du Lubéron.
Les Wanderer, en quelque sorte les bourlingueurs, sont certes des habitués des tournées, mais ils ont choisi leur nom en hommage à Schubert, avec lequel ils ont d’évidentes affinités, et plus largement avec le romantisme allemand dont, précisément, le thème du « voyageur errant » est le leitmotiv !
Le programme offert à Meyrin (Beethoven, Mendelssohn et Schubert) est à cet égard emblématique ! Vagabonds curieux, les musiciens français le sont aussi par leur esprit d’exploration musicale qui les conduit à sillonner les siècles, de Haydn à nos jours.

Trio Wanderer

Unité et diversité
De la scène (une centaine de concerts par an) au studio (de nombreux enregistrements), les artistes paraissent soudés par leur emploi du temps ; leur entente apparaît parfaite et équilibrée au concert. En revanche, dans les répétitions, tout est analysé sans concessions ! D’après le violoniste, « on se connaît bien, on se comprend au quart de tour. » (Son collègue pianiste parle de « communion des oreilles ! ») « On n’hésite pas à se dire les choses brutalement. Parfois les gens croient qu’on se dispute, mais ce n’est pas vrai. »
Comment parvenir à d’aussi bons résultats quand on a des individualités aussi différentes ? Est-elle lourde ou légère, cette chaîne qui les lie les uns aux autres ? En réalité, chacun à sa manière alterne un approfondissement du travail en trio, avec des collaborations externes propres à apporter des idées nouvelles.
Fils de Roland Pidoux, Raphaël Pidoux est un violoncelliste urbain et passionné de baroque. Pour lui, « vivre à trois, c’est génial ! » Le trio lui paraît offrir un équilibre idéal, meilleur que le duo ou le quatuor. Incarnation de l’amabilité et de la courtoisie à la française, il s’est aussi associé à Christophe Coin et au Quatuor Mosaïques et les retrouvera bientôt pour un concert à Bruxelles, en mars 2009.
Derrière sa voix douce, Jean-Marc Phillips-Varjabedian a tout d’un fonceur, prêt aux aventures violonistiques les plus diverses, du jazz au tango. C’est cette diversité musicale qui, selon lui, nourrit son apport au trio et qui rend « la vie à trois supportable, car entre nous il n’y a pas de serment de fidélité ! » Pour ne citer qu’un seul exemple, au cours de la saison 2006-2007, Jean-Marc Phillips-Varjabédian s’est produit en duo avec son frère Xavier Phillips ; avec son Trio Arménien réunissant Xavier Phillips et Vahan Mardirossian ; en Septet avec Richard Galliano, et enfin avec l’Orchestre Poitou-Charentes dirigé par Xavier Roth...
Le pianiste Vincent Coq est un personnage tout en rondeur, respectueux des autres, collectionneur de faïences et, selon ses dires... « amoureux du farniente » ! (Affirmation pas aussi exacte qu’il veut bien le dire !) Quand on lui demande la clef du succès de la formation, il répond habituellement qu’« il faut respecter le pré carré de chacun. Il ne faut pas jouer en famille, ça ne marche pas sur la durée. Il ne faut pas être tout le temps les uns sur les autres. Il faut respecter l’indépendance de chacun. » A l’extérieur, Vincent Coq s’est parfois joint au Quatuor Manfred (quintette de Schumann, disque Zig-Zag Territoires)

Leurs disques
Après deux disques pour Sony Classical, le Trio Wanderer débute en 1999 une nouvelle collaboration avec Harmonia Mundi riche à ce jour de huit enregistrements. La dernière parution est le Quatuor pour la fin des temps de Olivier Messiaen, salué par la critique. En mars 2009 sera publié un enregistrement pour Universal-Accord, dédié au compositeur d’aujourd’hui Thierry Escaich, avec des œuvres de Debussy, Martinu, Escaich et Bartok en compagnie de François Leleux, Emmanuel Pahud et Paul Meyer.

Pierre Jaquet

Salle du Forum à Meyrin, 20 Février à 20 h 30
Au programme : Beethoven - Trio op. 97 / Mendelssohn -Trio op. 49 / Schubert - Trio op. 100

(Réservation 022 989 34 34)

Voir en ligne : Forum Meyrin

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