Paris : « Dada Africa »

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Le Musée de l’Orangerie propose une exposition qui confronte les échanges entre œuvres africaines, amérindiennes et asiatiques et celles, dadaïstes, de Hanna Höch, de Jean Arp, de Sophie Taueber-Arp, de Marcel Janco, de Hugo Ball, de Tristan Tzara, de Raoul Haussmann, de Man Ray, de Picabia….

Sophie Taeuber-Arp (1889-1943) « Tâches quadrangulaires évoquant un groupe de personnages », 1920
Gouache et crayon sur papier, 26,5 x 35 cm. Paris, Galerie Natalie Seroussi © Collection Natalie Seroussi / Photo Patrice Schmidt

Dada, mouvement artistique foisonnant et subversif, naît à Zurich pendant la Guerre de 14-18 et se déploie ensuite à travers plusieurs foyers, Berlin, Paris, New York... Par leurs œuvres nouvelles – poésie sonore, danse, collages, performance –, les artistes dadaïstes rejettent les valeurs traditionnelles de la civilisation, tout en s’appropriant les formes culturelles et artistiques de cultures extra-occidentales, l’Afrique, l’Océanie, l’Amérique.

C’est ce mouvement et les influences qui le traversent que souhaite mettre en lumière l’exposition du Musée de l’Orangerie. Ainsi seront évoquées les soirées Dada, avec plusieurs archives, film de danse et documents sonores, musicaux, mais aussi la diversité, l’inventivité et la radicalité des productions Dada – textiles, graphisme, affiches, assemblages, reliefs en bois, poupées et marionnettes – face à la beauté étrange et la rareté d’œuvres extra-occidentales, statue africaine Hemba, masque africain de Makondé, masque Hannya du Japon, proue de pirogue de guerre maori...

Masque grotesque à l’expression malicieuse, première moitié du XXe.
Bois peint, fourrure, dents, 40 x 25 x 17 cm © Musée Rietberg / Photo Rainer Wolfsberger

Le propos a toute sa place au musée de l’Orangerie, berceau de la collection Jean Walter / Paul Guillaume. Celui-ci, grand marchand d’art africain, a joué un rôle de premier plan dans cette confrontation qui s’opère sur fond d’interrogations sur l’hybride, le genre, la posture coloniale.

En contrepoint de l’exposition seront présentées dans le musée des œuvres de deux artistes contemporains :
- deux photographies de l’artiste Athi-Patra Ruga issues d’une performance et d’une réflexion sur l’identité… A Vigil for Mayibuye (from the Exile series), 1915 et The Future White Woman of Azania, 2012
- un ensemble d’œuvres (tapisseries, photographie et dessins) d’Otobong Nkanga dont deux tapisseries In pursuit of Bling, 2014

Du 18 octobre 2017 au 19 février 2018

Voir en ligne : Musée de l’Orangerie