Paris : Zao Wou-Ki

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Le Musée d’Art moderne présente une importante exposition consacrée à l’artiste Zao Wou-Ki (1920-2013). Il s’agit de la première grande exposition à Paris depuis 15 ans. Si son œuvre est aujourd’hui célèbre, les occasions d’en percevoir la complexité sont demeurées trop rares à Paris. L’exposition souhaite en renouveler la lecture et invite à une réflexion sur le grand format.

Zao Wou-Ki, « Hommage à Claude Monet », février-juin 91
Triptyque, 1991 Huile sur toile, 194 x 483 cm. Collection particulière. Photo : Jean-Louis Losi. Zao Wou-Ki © ADAGP, Paris, 2018

Le parcours débute au moment où Zao Wou-Ki adopte une expression nouvelle, « abstraite » – terme trop restrictif à ses yeux – avec l’œuvre de 1956 intitulée Traversée des apparences. Cette étape décisive précède un premier séjour aux États-Unis, l’année suivante, qui le conforte dans la quête d’un espace toujours plus vaste.

Artiste au croisement de plusieurs mondes, Zao Wou-Ki quitte la Chine en 1948 pour venir à Paris au moment où l’« art vivant » commence à se partager entre les États-Unis et la France. Son œuvre traverse les débats esthétiques qui marquent le développement de l’art moderne et, s’il appartient à une scène parisienne qu’il apprécie, il perçoit très tôt la vitalité de la peinture américaine. Progressivement, il renoue aussi avec certains traits de la peinture chinoise dont il s’était écarté de façon volontaire.

Zao Wou-Ki, « Hommage à Edgar Varèse », 25.10.64, 1964
Huile sur toile, 255 x 345 cm. Donation Françoise Marquet-Zao, 2015
Musée cantonal des beaux-arts, Lausanne. Photo : Dennis Bouchard, Zao Wou-Ki © ADAGP, Paris, 2018

Zao Wou-Ki n’aime pas le mot « paysage » auquel il préfère celui de « nature ». Ses rapports avec le monde extérieur sont faits de découvertes et de voyages, de rencontres fécondes, dont les premières furent avec Henri Michaux et le compositeur Edgar Varèse. Poésie et musique demeureront pour lui deux pôles d’attraction permanents, comme une tension nécessaire avec la peinture – donnant sens, à mesure que son art s’affirme, à l’expression que l’artiste a inspirée très tôt à Michaux : L’espace est silence.

En insistant sur la portée universelle de son art et sur sa place aux côtés des plus grands artistes de la deuxième moitié du XXe siècle, le Musée d’Art moderne présente une sélection de quarante œuvres de très grandes dimensions dont certaines, comme un ensemble d’encres de 2006, n’ont jamais été exposées.

Du 1er juin 2018 au 6 janvier 2019

Voir en ligne : Musée d’Art moderne