Carouge, Théâtre : Vitalité et popularité

, par  Julie BAUER , popularité : 7%

La présentation de la saison 2010-2011 du Théâtre de Carouge s’est déroulée devant un public si nombreux que la salle François-Simon se révéla soudain trop petite pour l’occasion. Ce témoignage de la vitalité et de la popularité
de ce théâtre est confirmé au travers des différents projets, des nouveaux
partenariats ainsi que de l’abonnement commun qui comprend désormais le Forum de Meyrin et le Théâtre du Châtelard à Ferney-Voltaire.

C’est par une projection d’extraits du film Le Baiser de Tosca de Daniel Schmid que se sont ouvertes les festivités. Ce long métrage raconte le quotidien de la Casa Verdi, une maison de retraite pour les ex-grandes voix de l’opéra fondée par le compositeur de La Traviata. A l’issue de ce prologue, Jean Liermier fait son apparition sur la scène en se frayant un chemin dans l’obscurité totale au moyen d’une lampe de poche, tel un ouvreur de cinéma, expliquant que ce film pose la question suivante : « Y a-t-il une vie après une vie dans l’art ? ». Puis il ajoute : « Le théâtre est un lieu unique de parole, de poésie, c’est une maison des rêves ».
Il enchaîne ensuite avec la présentation de saison qui démarrera par la coproduction Sorry ! . Cette création mûrie à Toulouse réunit pas moins de trois compagnies regroupant de véritables saltimbanques : le Footsbarn Travelling Theatre, la Compagnie des Fusains et le Cirque Werdyn. Le spectacle se déroulera sous un chapiteau monté pour l’occasion sur la Place de la Sardaigne. Selon Jean Liermier, cette pièce rappelle les débuts de Zingaro, avec une touche british. Sorry ! raconte comment deux événements diamétralement opposés – un mariage tzigane et un enterrement - devront cohabiter sous un chapiteau loué pour le même soir. La saison se poursuivra le 8 octobre avec la reprise de la pièce Les Spectacteurs que Philippe Morand a monté avec la participation d’un collectif d’auteurs et d’acteurs qui invitent le public à entamer une réflexion sur le rapport entre les spectateurs et l’œuvre. Ce spectacle n’est pas compris dans l’abonnement.

« Sorry ! »
Photo A.Souayman

En novembre, se sera au tour de Docteur Faustus de Christopher Marlowe, un génie du théâtre élisabéthain, d’être à l’affiche. La mise en scène de cette création sera assurée par Victor Gauthier-Martin, un jeune artiste qui donne une place prépondérante à la vidéo. Après les démêlés avec le Diable, les spectateurs assisteront à l’histoire d’un personnage qui vivra un enfer dans La Panne , de Friedrich Dürrenmatt, où Alfredo, un petit représentant de commerce en textile, tombe en panne en rase campagne. Celui-ci trouve une chambre chez un vieux procureur qui l’invite à souper en compagnie d’un ancien juge, d’un avocat, et d’un bourreau dont le passe-temps favori est de simuler des procès fictifs. Le vin aidant, Alfredo se livre un peu trop. Sur une mise en scène de Jean-Yves Ruf, cette pièce comptera notamment avec la présence de Maurice Aufair dans le rôle principal.
La fin de l’année s’achèvera de manière festive et drôle avec Les Fourberies de Scapin des frères Porras qui se jouera du 15 au 17 décembre. Le retour de ce spectacle hors abonnement dans sa salle d’origine mettra un point final à sa grande tournée. L’année 2011 commencera avec Monsieur Chasse ! de Georges Feydeau sur mise en scène par Robert Sandoz. Cette pièce, qui était la préférée de son auteur, raconte comment Moricet courtise la femme d’un homme qui part à la chasse. Toutefois, celle-ci lui résiste en lui disant qu’elle ne s’abandonnera que si son mari la trompe avant.

« Monsieur Chasse ! »
Photo L’Outil de la ressemblance

Le 1er mars, c’est au tour du directeur du Théâtre de Carouge, Jean Liermier, de mettre en scène la pièce Harold et Maude de Colin Higgins. Avec beaucoup d’enthousiasme, il lance au public présent : « C’est un projet différent de ce que j’ai fait ces dernières années. Je me réjouis ! ». Il décrit la pièce de la façon suivante : « Maude est un ange qui va ouvrir les yeux d’Harold pour qu’il découvre la vie telle qu’elle est, et non pas telle qu’il la voit. C’est la force de vie d’une femme qui revient de la mort. Un souffle de liberté et de vie ». La saison se terminera avec l’accueil du 15 au 17 avril de Mille francs de récompense de Victor Hugo. Sur une mise en scène de Laurent Pelly, cette pièce aux décors sublimes représente tous les combats d’Hugo en faisant entendre les voix inintelligibles et en défendant l’injustice.
Comme les années précédentes, un abonnement commun entre le Théâtre de Carouge et le Forum de Meyrin est mis sur pied. Cette saison, le Théâtre du Châtelard à Ferney-Voltaire rejoint l’offre. Cet abonnement comprend trois pièces de Carouge : Sorry !, Monsieur Chasse ! et Harold et Maude, six de Meyrin : Bolívar, Fragments d’un rêve d’Omar Porras, Les Femmes savantes de Gisèle Sallin, Rosas Danst Rosas de Anne Teresa De Keersmaeker, Sur la Route… de la Compagnie des Colporteurs, Le vrai sang de Valère Novarina, La edad de oro de la Compagnie Israel Galván, et une pièce du Châtelard : Les Juifs d’Ephraïm Lessing. Le Théâtre de Carouge propose en outre trois autres formules d’abonnements : « Classique », « Premières présentations » et « A la carte ».

« Mille francs de récompense »
Photo A. Odessa

Autour des spectacles, le Théâtre de Carouge offrira, tout au long de cette saison, un grand nombre d’activités telles que des “after“ les samedis au Chat Noir, des expositions au Musée d’art et d’histoire en relation avec les pièces à l’affiche, des rencontres, des lectures, des ateliers, et même une représentation en appartement le 2 septembre ! De plus, dans une optique formatrice, les élèves d’Art dramatique du Conservatoire de musique de Genève viendront, chaque dimanche de première à 16 heures, donner une représentation sans filet d’une scène de la pièce.

Jean Liermier
Photo Marc Vaneppelghem

De même, des stages pour comédiens professionnels, et le projet Maquette qui donne les moyens à un jeune metteur en scène de répéter sans aboutissement. Cette année, l’opportunité sera offerte à Christian Geffroy Schlittler qui se confrontera au Dom Juan de Molière. Après son succès obtenu avec le film Les caprices de Marianne, le Théâtre de Carouge remet le couvert avec, cette fois-ci, Le jeu de l’amour et du hasard. Le spectacle transposé en film dans un contexte contemporain a été capté puis filmé et édité en DVD. Enfin, Jean Liermier conclut son intervention en mettant l’accent sur l’importance des tournées, et affirme : « C’est capital de tourner ! ». Pour appuyer ses dires il rappelle que Le jeu de l’amour et du hasard a atteint les 96 représentations en France.
Cette nouvelle saison sera pleine de rêve et de surprises...

Julie Bauer

Info : http://www.theatredecarouge-geneve.ch/

Voir en ligne : Théâtre de Carouge