Annemasse : En France (très) voisine !

, par  Frank FREDENRICH , popularité : 18%

Après une quinzaine d’années à la tête de Château Rouge à Annemasse, Jacques Maugein poursuit une ligne de programmation alliant une recherche de productions originales et de projets plus consensuels. Entretien.

Certes, l’avenir que tracera le CEVA risque bien à terme (pour autant qu’il y ait un jour un achèvement de ce projet…) de modifier les habitudes régionales, n’en déplaise aux frileux des deux bords de la frontière, mais dans cette attente Château Rouge continuera à proposer une programmation éclectique.
Le premier exemple date du début du mois d’octobre avec Les Indes dansantes, création chorégraphique et musicale d’après les Indes galantes de Rameau, une production du Festival d’Ambronay, dont la partie dansée a été réalisée par Nathalie Pernette suite à une résidence d’été à Château Rouge. Cet aspect d’accueil d’artistes est donc un des aspects important de l’activité de la salle d’Annemasse et elle va inclure durant la saison des musiciens et un auteur, Claire Rengade. Suite à une autre résidence, cette dernière proposera au mois de février une création qui promet d’être inattendue sous le titre de « Soirée originelle » et dont les participants incluront des musiciens, des comédiens, mais également des physiciens du CERN et d’autres intervenants.

Quatuor Terpsycordes

Danse
Autre programmation originale, celle qui concernera la danse. En dehors de spectacles proposés par des troupes bien connues, ainsi le passage début septembre de Jean-Claude Gallotta avec L’Homme à la tête de chou sur des paroles et musiques de Serge Gainsbourg, Thierry Malandain et le Ballet de Biarritz (en janvier), l’Australian Dance Theater (en février) ou encore des spectacles de jeunes chorégraphes, Jacques Maugein se propose de revisiter quelque peu la formule du festival consacré à la danse en faisant intervenir des spectacles de rue. A la fin du mois de mai, on pourra donc découvrir autour de Château Rouge différents lieux aménagés pour des petites formes, ainsi une yourte dans laquelle quelques surprises attendront les spectateurs, mais il y aura également des interventions urbaines et la musique et le cirque ne seront pas oubliés.

Musique
Autre originalité de la programmation, la place offerte à la musique contemporaine. Quatre concerts sont prévus grâce aux liens créés avec des institutions comme les Conservatoires, le Centre International de Percussion et Contrechamps et c’est ainsi que des compositeurs tels que Gérard Grisey, Hugues Dufourt, Pierre Boulez et Iannis Xenakis sont à l’affiche. Tous les goûts étant dans la nature des mélomanes, on entendra également aussi bien Vivaldi que Barclay James Harvest, un hommage à Django Reinhardt ou encore le Quatuor Terpsycordes.

« Mary Stuart » selon Stuart Seide
© Pidz

Théâtre
L’humour a naturellement sa place dans la programmation avec entre autre Cartouche, un « Beur » qui sait éviter les caricatures et dont le spectacle est mis en scène parla chorégraphe Marie-Pierre Pietragalla, et côté théâtre, on ne saurait négliger quelques offres s’annonçant peu conventionnelles, ainsi des Précieuses ridicules qui ne sentiront certainement pas la naphtaline ou encore un Richard III (décidément…) que l’on promet « rock and roll ». On retiendra également Les 39 marches d’Alfred Hitchcock, une affaire d’espionnage avec Eric Metayer au mois d’avril, mais dans l’immédiat, Château Rouge accueillera au mois de novembre Mary Stuart dans la mise en scène de Stuart Seide (voir entretien) en coproduction avec la Comédie de Genève. Une coopération transfrontalière dont on retrouve également l’écho dans l’opération Colporteurs dont Château Rouge est partie prenante depuis plusieurs années.

D’après des propos recueillis par Frank Fredenrich

Voir en ligne : Château Rouge Annemasse

Publié dans Scènes Magazine no. 227