Concours de Genève
Entretien : Jean-Claude Pennetier

L’artiste français nous a confié quelques impressions.

Article mis en ligne le octobre 2008
dernière modification le 27 octobre 2008

par Pierre JAQUET

L’artiste français va présider l’édition 2008 du concours d’exécution musicale de Genève. Personnalité courtoise et réservée, il nous a confié quelques impressions.

Quelles perceptions avez-vous eues successivement du concours genevois ?
C’est un concours qui me semble un des plus anciens, avec le plus de références. Il y a quelque chose de noble dans ce qui s’y passe ; c’est un des piliers de la vie pianistique.
J’y ai participé en tant que candidat en 1968... et il y a dix ans, je suis entré dans le jury. Mon impression a bien évidemment évolué, et maintenant je perçois autre chose qu’une excellente réputation. J’aime beaucoup être dans ce jury et écouter les jeunes musiciens. Cela me passionne. Un concours n’est jamais absolu, c’est comme un jeu, une partie !

Quel est le rôle d’un président de jury selon vous ?
Il faut être attentif à ce qui se passe... durant tout le parcours des candidats. Trop souvent, les gens ne viennent assister qu’à la finale. Ils ont alors des jugements péremptoires... envers les participants comme envers les examinateurs ! Trop souvent le public ne réalise pas tout ce parcours, cet ensemble de prestations. Un jeune peut briller dans un concerto, mais ce n’est pas un gage suffisant. L’important, c’est de posséder une constance qui permette de mener à bien toute une carrière.

Jean-Claude Pennetier, président du Jury piano

Vous intéressez-vous aux pianos d’époque ?
C’est quelque chose que j’aime beaucoup même si, je dois l’avouer, je joue presque toujours sur des pianos modernes. J’ai commencé à m’y intéresser en prenant des instruments de la fin du XVIIIe siècle, puis des claviers romantiques.
Avec les pianos d’époque, l’équilibre sonore n’est pas le même. On a moins de force du point de vue du son. Il faut apprendre à puiser cette force dans d’autres éléments constituants du discours musical.

Vous donnez des « master classes » ; quelle est votre expérience par rapport à votre travail d’enseignant ?
Je perçois une différence de rythme. Quand on enseigne, le temps à disposition est assez long, on aborde beaucoup d’aspects, on entre dans les détails. Le stage, c’est très frontal, intense ; on se focalise sur quelques points vraiment essentiels. Quand vous mettez en évidence une ou deux choses dans le jeu des jeunes interprètes, ils y sont forcément plus sensibles. C’est donc une tout autre affaire que le patient travail effectué avec une classe.
Fondamentalement, je n’ai pas un tempérament à entreprendre qu’une seule chose. Outre ma présence à Genève, j’ai accepté d’écrire pour un festival un psaume pour piano à quatre mains et j’ai été invité à diriger l’Orchestre philharmonique de Radio France...
Ces activités qui me sont chères sont dorénavant à l’arrière-plan, car s’il est vrai que j’ai œuvré dans beaucoup de secteurs, j’ai aussi décidé, il y a quelques années de recentrer mes occupations. Mais vous savez, même si j’ai dé-sormais presque tout focalisé sur mon activité de pianiste, j’ai toujours eu dans le fond la sensation de toujours faire la même chose : de parler par la musique ou de parler sur la musique. Quand on a soif de s’exprimer, ça peut être par le concert, par l’enseignement, par énormément de choses...

Vos projets ?
J’ai envie de vous parler de disques ! Je suis en ce moment sur une intégrale Fauré qui regroupera trois CD. Le premier vient de sortir. Je travaille aussi sur les sonates de Mozart...

Propos recueillis par Pierre Jaquet

Disques chez Harmonia Mundi.
Citons à titre d’exemple les deux trios de Schubert (avec Régis Pasquier et Roland Pidoux) éditions couronnées par la critique.
Jean-Claude Pennetier a enregistré des sonates pour pianoforte de Hyacinthe Jadin (1769-1800) sur un instrument d’époque.