Opéra national de Paris
Paris : “Joyaux“

L’Opéra de Paris présentait Joyaux, ballet en trois tableaux de George Balanchine.

Article mis en ligne le décembre 2009
dernière modification le 21 février 2010

par Stéphanie NEGRE

C’est en déambulant devant les vitrines des grands joailliers new-yorkais que George Balanchine a l’idée, en 1967, de créer un ballet ayant pour prétexte la beauté des pierres précieuses. Parmi ces dernières, il en retient trois, l’émeraude, le rubis et le diamant, qu’il a l’idée de mettre en relation avec les trois pays dans lesquels il vécut. Intitulé Joyaux, ce ballet en trois tableaux est entré au répertoire de l’Opéra de Paris en 2000 et y a été présenté du 21 octobre au 18 novembre derniers.

Ecrit en hommage à la France, pays qui l’accueillit alors qu’il était danseur et chorégraphe des Ballets russes en exil, Emeraude est le premier tableau de Joyaux. Sur une musique de Fauré, George Balanchine compose solo, pas de deux, pas de trois et scènes de ballet en reprenant les mouvements de l’école classique française. S’ensuit Rubis, interprétation très personnelle d’une revue de music hall sur une musique de Stravinski. Soutenu par l’éclat de la pierre, ce deuxième tableau symbolise l’Amérique, pays de la réussite assumée où Balanchine passa la plus grande partie de sa vie et où il fonda l’American Ballet et le New York City Ballet. Dernier tableau, Diamant est l’hommage rendu, sur une symphonie de Tchaïkovski, à l’école russe, aux somptueux ballets de Marius Petipa, et plus, encore, à la Russie éternelle.

« Emeraude »
Photo Agathe Poupeney

S’il est aisé de saisir la beauté immédiate de la danse, servie impeccablement par le ballet de l’Opéra de Paris et soulignée par les costumes de Christian Lacroix, on pourrait regretter le manque de sens d’une œuvre qui peut apparaître à la limite de l’exercice de style. Œuvre personnelle, Joyaux est l’offrande d’un homme aux influences françaises, américaines et russes qui ont nourri son art ; les émotions qui furent les siennes quand il la chorégraphie peuvent difficilement être partagées. Il nous reste alors une œuvre qui exalte de manière absolue une forme de beauté, celle du mouvement. Joyaux est l’occasion de découvrir ou de revoir ce qu’est le style de Balanchine, l’un des maîtres de la danse du XXème siècle.

Stéphanie Nègre