Festival Cinéma Tous Écrans
Genève : Cinéma Tous Écrans

Cinéma Tous Écrans, mais vraiment tous !

Article mis en ligne le novembre 2010
dernière modification le 20 novembre 2010

par Claudia CERRETELLI ROCH

Parler d’écran aujourd’hui, c’est comme parler d’alimentation, de sport ou de sommeil : un besoin vital. Nous passons en moyenne 30 heures par semaine – pour ceux qui ne l’ont pas au travail – devant un écran, à l’exclusion des portables et autres ipod, et certains pays pensent même inscrire dans les droits humains l’accès à internet. Juste après l’accès à l’eau ?...

Dans ce cadre, - c’est le cas de le dire… - que signifie un festival comme le Festival Tous Écrans qui ajoute chaque année des écrans supplémentaires à son dispositif de découverte et de compétition ? Comme pour l’alimentation ou le sport, les besoins vitaux sont aujourd’hui sujets à concours variés et multiples. La preuve, il est impossible d’allumer sa télévision aujourd’hui sans tomber sur une compétition, du concours des assiettes au concours du simple fait de respirer devant une caméra vautré au mieux sur – ou dans - un divan, comme dans Secret Story : une variante du « story telling », où justement on ne raconte rien. C’est secret…
Mais la télévision sait faire bien mieux, heureusement. Elle se situe même au centre du Festival Tous Écrans. Elle a une place de choix par la compétition des séries télévisées. Seize titres inédits et donc manières de présenter le monde, du gouvernement danois à la mafia brésilienne à la Nouvelle Orléans après le passage de Katrina : l’intérêt et le point fort des séries se situe dans la narration, lorsqu’elle est associée à l’actualité. On trouvera aussi des longs métrages proposés et mis sur le marché pour le petit écran. C’est le charme décomplexé de ce festival : il se situe dans un immense carrefour – ou un rond-point géant, pour être plus précis…- entre le commerce et l’art, entre les écrans de cinéma – de nombreux films proposés en compétition viennent de festivals, comme la Mostra de Venise – et la télévision, sans oublier le web et même …le portable !

« La belle endormie » de Catherine Breillat

Créer des histoires, le story-telling
Le seul incontournable dénominateur commun du festival, c’est la création d’histoires, selon la directrice artistique Claudia Durgnat. Même pour des concours comme la 4e édition de court-métrage sur portable (« Cinéma Tout Mobile »), il s’agit de proposer une narration. Les écrans des espaces urbains ne sont pas en reste, avec le concours « Cinéma Tout DOOH (Digital Out Of Home). Que dire de plus ? L’expérience aussi vaste d’un audio-visuel sélectionné et de qualité mérite le détour. Longs métrages, courts métrages et nouveaux écrans complèteront l’offre, ainsi que des événements spéciaux, comme le Concert Divine Féminin, un spectacle musical, qui réunit les images les plus mythiques des femmes qui ont crée une image de l’éternel féminin au 20e siècle.
En ce qui concerne les titres proposés dans la compétition internationale, on trouvera La belle endormie  (France , 2010), dernier film de l’excellente Catherine Breillat. Ce film a déjà eu un prix, l’Art Cinéma Award, à la Mostra de Venise. Il propose une libre interprétation de l’histoire de Perrault et de « La reine des neiges » d’Andersen. C’est l’histoire d’une petite fille qui, endormie pendant 100 ans pour les raisons qu’on connaît, utilise ce sommeil pour se fabriquer un long rêve…le principe de réalité, avec une maternité précoce, la réveillera. « Ce n’est (alors) plus un conte de fées, mais le compte du début de la vie », dira à son sujet Catherine Breillat. On retiendra également dans la compétition La vie des poissons (Chili, 2009) du très jeune Mathias Bize, qui a également été primé à Venise, ou The Taqwacores (USA, 2010), à découvrir absolument…
Et pour ceux qui, malgré tout, n’ont rien trouvé à se mettre sous la dent, il y a des soirées prévues avec dj’s à l’Uptown (ancien cinéma qui se trouve derrière la gare, 2 rue de la Servette), avec apéritifs et projection gratuites. Comme quoi, le carrefour est vraiment bien vaste…

Claudia Cerretelli

(du 1er au 7 novembre)