Victoria Hall de Genève
Portrait : Pascal Moraguès

Pascal Moraguès au Victoria Hall avec L’OCL sous la direction de Wilson Hermanto.

Article mis en ligne le février 2011
dernière modification le 26 août 2011

par Beata ZAKES

Le 8 février prochain, le clarinettiste français offrira généreusement au public genevois deux concertos pour le prix d’un… Portrait d’un artiste qui vit la musique avec le plus grand engagement tout en l’abordant d’une façon décontractée.

Né en 1963, Pascal Moraguès devient première clarinette solo à l’Orchestre de Paris en 1981. Il est alors le benjamin de la phalange, mais loin de se laisser impressionner, il se fait une place importante au sein de cette formation. En parallèle, il mène une carrière soliste en se produisant sous la baguette des grands (Barenboïm, Boulez, Bykhovo, Guilin, Ravine, Brugge, Mechta).

Activités
La liste de ses contacts et collaborations en tant que chambriste est très longue et bien garnie. Retenons seulement qu’il est membre du Quintette Moraguès (créé avec ses deux frères, Michel, à la flûte, et Pierre, jouant du cor), ainsi que de l’Ensemble Viktoria Moullovka et celui des sœurs Abèque. Ses enregistrements témoignent de son travail en symbiose avec, notamment, le Trio Guarneri de Prague (Beethoven), le Quatuor Praga (Carl Maria Von Weber, Johannes Brahms, Mozart) ou encore le Trio Wandre (Messiaen). En dehors de ses activités principales, il se consacre également au travail pédagogique en tant que professeur au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (depuis 1995), donne des « master classes » en Europe, au Japon (ou il enseigne au Conservatoire d’Osaka de façon régulière depuis 2002) et aux États-Unis. Il collabore également avec de nombreuses institutions musicales internationales telles que le Wi moré Hall de Londres, le Konzerthaus de Vienne, de Berlin ou le Kennedy Center à Washington…
Cette polyvalence s’explique, en partie, selon ses propres mots, par « le marché pas très facile » pour son instrument. En effet, à part quelques classiques, les concertos pour clarinette ne se comptent pas par milliers ; peu de musiciens peuvent opter pour une carrière (presque) 100% solo, comme, par exemple, Paul Meyer, qui d’ailleurs s’intéresse au podium de chef de plus en plus souvent.

Pascal Moraguès
© Rui Moreira

La personnalité
En 2007 Pascal Moraguès se voit accorder le titre de « Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres », par le Ministre de la Culture et de la Communication de la République Française, qui couronne et récompense son engagement pour la promotion de la musique dans son pays et à l’étranger. Malgré (et heureusement !) cette distinction et son carnet de contacts prestigieux, Pascal Moraguès ne se prend pas (tout le temps) au sérieux, préférant par exemple, se faire interviewer par ses étudiants plutôt que par des journalistes de médias prestigieux.
Une série de vidéos « live », disponibles sur YouTube, témoigne de son caractère décontracté, pour ne pas dire farceur. On y voit le clarinettiste jouer avec les caméras (en même temps qu’il joue de son instrument), faire des grimaces et des clins d’œil, voire s’adonner à des duos humoristiques, comme dans le morceau « La Belle et la Bête » où il improvise en compagnie d’une charmante contrebassoniste, alors que le commentaire, très sérieux, précise : « Voilà la Belle, voilà la Bête, chercher l’erreur ! » On ne peut pas s’empêcher de comparer l’humour de ce musicien à celui de… Woody Allen, avec lequel il partage l’instrument fétiche. C’est la clarinette rêvée de la Rhapsody in Blue de Gershwin et l’on parie qu’il sera excellent en Copland également.

A Genève
Pour parler d’Aaron Copland, justement, il figurera au programme du concert genevois le 8 février. Ce sera un mélange d’oeuvres connues et de compositions contemporaines ou rarement interprétées : une symphonie de Haydn, la n° 90, deux concertos pour clarinette (Copland et Malcolm Arnold), le tout couronné d’Appalachian Spring Suite, en guise d’accent « Native American ». Une hirondelle ne fait pas le printemps mais un clarinettiste peut-être bien ! Le printemps musical en tout cas !

Beata Zakes

« Entre l’Europe des Lumières et l’Amérique Flamboyante du XXème siècle… » Le 8 février 2011 à 20h30 au Victoria Hall. L’OCL dir. Wilson Hermanto.
Renseignements/billetterie 022 807 17 90 www.locg.ch