Festival du Film sur les Droits Humains (FIFDH) de Genève
Genève : FIFDH 2011

Les Droits de l’Homme en mouvement...

Article mis en ligne le mars 2011
dernière modification le 27 août 2011

par Christophe RIME

La 9ème édition du Festival du Film et Forum international sur les Droits Humains (FIFDH) de Genève se tiendra du 4 au 13 mars 2011 au Grütli et à l’Alhambra.

Regardez…
A la croisée des chemins entre les défenseurs des Droits Humains, le monde de l’image-mouvement, l’université et la masse média, le Festival du Film sur les Droits humains nous intime depuis 2003 l’obligation de poser notre regard sur les valeurs humaines et la façon dont cette même humanité les maltraite autour du globe. Relais intelligent des débats onusiens, le festival en est presque le reflet filmique voire même la tribune puisqu’il informe et mobilise sans voiler l’œil qui observe le monde. Les violations des droits de l’Homme sont ainsi justement épinglées, sans frontière.
Le FIFDH est aussi le lieu de débats intenses amenés dans l’arène publique, mais bien plus, il informe et révèle, souvent par des documentaires inédits mettant soudain en lumière des événements et situations sordides restés dans l’ombre des actualités. En somme, il est chaque année un des lieux incontournables de la création historique en marche, en cela qu’il combat l’adage bien connu que « ce dont on ne parle pas n’existe pas ».

Filmez…
Le concept est simple, accessible et fort. Il se conjugue en trois temps : Un film, un sujet, un débat. La dignité humaine retrouve ainsi le devant de la scène et invite à découvrir en spectateur d’abord, puis en acteur se mobilisant contre l’indifférence.

« The Green Wave » de Ali Samadi Ahadi
Section “Documentaires de Création“

Côté films, la liste 2011 pousse clairement à louer la capacité illimitée que possède ce vecteur d’information si particulier à produire du sens et à l’exporter parmi la masse des spectateurs. Cependant, le Comité de direction a concocté un agenda au sein duquel le film n’est pas seulement du cinéma, « (…) il est un lieu ouvert où viennent confluer des significations d’origine très diverse ». Ce dernier ne peut donc que puiser « ses matériaux là où il les trouve ». La sélection filmique du festival endosse de ce fait, une dimension politique ; c’est bien une Histoire sur pellicule ; une fenêtre sur la réalité ; et pas le moins du monde une vision en trompe-l’œil qui nous est proposée. Modeste et dérangeant florilège des bijoux proposés : - The Green wave de Ali Samadi Ahadi, la résistance iranienne sur le net ; Blood in the mobile de Frank Piasecki Poulsen, connection entre votre téléphone portable et la guerre civile en RDC ; Vous n’aimez pas la vérité : 4 jours à Guantánamo de Luc Côté et Patricio Enriquez, la détention inhumaine d’un enfant-soldat canadien ou encore Europe : Ascenseur pour les Fachos de Stéphane Lepetit et Barbara Conforti, le retour de l’extrême droite en Europe.

Témoignez et changez…
Le public est de facto, incité et sommé de quitter son rôle passif de simple sujet regardant l’actualité, cependant qu’il doit faire l’amorce véritable et impliquée vers la marche du monde, intellectuelle autant que morale. Car il nous revient de l’habiter ce monde, par ce qui pourrait bien être – avec la culture et les arts – la plus haute expression de l’homo deux fois consacré sapiens, à savoir la raison critique et la capacité de réaction face à l’intolérable. Cette édition 2011 nous en fournira tous les prétextes avec des débats traitant de sujets centraux comme L’Europe à la botte des populismes ; Les fous de Dieu contre les droits humains ou encore La révolution citoyenne en Tunisie entre autres…

« My Kidnapper » de Mark Henderson et Kate Horne Section
“Documentaires de Création“

A noter également : A la table de Rousseau. Banquet Républicain sur la liberté d’expression, débat d’idée qui se tiendra le 1er mars ; des courts-métrages ou encore une exposition de photos. De plus, au-delà et au travers des débats, le public aura la chance d’assister à plus de quarante rencontres où des personnalités internationales viendront s’exprimer. Cette année est particulièrement étoffée. Vous y croiserez le juge espagnol Baltasar Garzon ; Antonio Cassese, président du Tribunal spécial pour le Liban ; Adam Michnik, journaliste polonais et cofondateur de Solidarnosc ; Taslima Nasrin, écrivaine et militante bangladaise ou encore Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH…

Le jury 2011 est également une source de satisfaction. On se souvient que la première édition avait placé la barre très haut puisque le festival avait été mené par Robert Badinter et Sergio Vieira de Mello. Cette année, il sera présidé par l’écrivain espagnol Jorge Semprun et comportera des personnalités stimulantes, ainsi que le cinéaste iranien Jafar Panahi – à qui cette édition du FIFDH est dédiée – condamné le 20 décembre 2010. Un siège qui risque donc fort de rester vide, mais qui n’en sera pas moins lourd de sens et de symbole quant à l’urgence de telle réunion internationale.

Le programme complet est attendu à l’occasion de la conférence de presse prévue pour le 22 février 2011. Vos agendas sont prévenus.

Christophe Rime