Victoria Hall de Genève
Genève : Quatuor Terpsycordes

Terpsycordes : un quatuor à l’impressionnant pédigrée...

Article mis en ligne le avril 2011
dernière modification le 26 août 2011

par Beata ZAKES

Le 11 avril prochain, l’ensemble Terpsycordes s’unira avec l’Orchestre de Chambre de Genève dans une œuvre de Bohuslav Martinu. Rencontre foisonnante de deux formations… qui partagent le même premier violon solo.

Terre, esprit… et cordes
Depuis 1997 la muse Terpsichore guide et insuffle l’inspiration aux musiciens d’un ensemble qui aime aussi jouer avec les mots. Multinational et éclectique, le quatuor parcourt les scènes, et pioche avec enthousiasme dans le répertoire ancien et moderne. Quitte à emprunter les instruments d’époque au Musée d’Art et d’Histoire de la Ville de Genève qui leur sert de port d’attache, pour concerts et enregistrements.

Un « melting-pot » musical
C’est justement une Genevoise, Caroline Hass, qui semble être l’âme et l’initiatrice d’un projet dont la solidité a largement dépassé une décennie. L’altiste de Terpsychordes, est aussi une baroqueuse convaincue ; elle manie également la viole baroque dans l’Ensemble Elyma sous la direction de Gabriel Garrido. Le premier violon, Girolamo Bottiglieri, vient de Salerme et a étudié dans les murs de la prestigieuse Académie de Sainte Cécile de Rome. Depuis janvier 2010, il occupe le premier pupitre de l’OCG. Raya Raytcheva (deuxième violon) apporte au groupe une touche slave : originaire de Bulgarie, elle est venue en Suisse en 1992, pour joindre l’Ecole Supérieure de Musique de Crans-près-Céligny. Depuis, elle a développé des multiples contacts avec des musiciens de son pays, tout en tissant des réseaux en Europe de l’Ouest. Dernier arrivé, le violoncelliste François Grin a rejoint les autres en 1999, Suisse d’origine, mais né aux Etats-Unis (Washington DC), après le retour de sa famille en Helvétie, il est passé par le Conservatoire de Genève et s’est perfectionné à la Royal Academy of Music de Londres. Ensemble, les quatre musiciens ont reçu l’enseignement de Gabor Takacs-Nagy et ont suivi les « master classes » auprès de quatuors de renom, comme Mosaïque, Budapest, Lasalle ou encore Hagen.

Quatuor Terpsycordes

Les liens ici et ailleurs
Loin de se confiner aux 4 pupitres et à leurs 16 cordes, ils ont toujours privilégié collaborations et ouvertures, en s’unissant tantôt avec des solistes (Emmanuel Pahud, Cédric Pescia, pour ne mentionner que des artistes « de chez nous ») tantôt avec des formations, comme le montre la soirée du 11 avril justement. Désireux d’explorer un répertoire plus récent, ces concertistes sollicitent des compositeurs contemporains, comme G. Kutrag, S Gubaidulina ou le Suisse Gregorio Zanon (CD chez Claves 2006). Entre des saisons remplies de concerts et tournées (avant le passage à Genève ils se seront produits en Irlande, notamment), ils trouvent encore du temps et de l’énergie pour s’invertir dans des univers festivaliers, avec le Festival de Montebello au Tessin ou encore celui des Haudères en Valais… Et si ce n’était pas assez, les musiciens emmènent aussi parfois les mélomanes en vacances, comme en septembre 2010, où ils ont offert aux amoureux de musique une semaine musicale en Grèce. On en redemanderait…

Le « style Terpsycordes »
Après avoir pris connaissance du pédigrée de ce quatuor impressionnant, l’on peut se demander à quoi peut ressembler l’union de quatre personnalités aussi affirmées. Parole aux critiques musicaux professionnels, pour mieux approcher le phénomène, et, le cas échéant, mieux préparer son oreille à la soirée au Victoria Hall. Dans son compte-rendu de l’enregistrement de « La Jeune Fille et la Mort » (Ricercar 2008), Frédéric Beudot prévient : « Soyez prêts. Cet enregistrement du quatuor de Schubert le plus célèbre s’avère être une immense gifle, un réveil rude, pour ceux qui croyaient savoir comment cette composition devait être interprétée. » Il suggère plusieurs écoutes « afin d’apprécier la profondeur d’approche » et « se remettre du choc, voire inconfort initial, et s’approprier la nouveauté ». En justifiant les 5 diapasons pour le CD Haydn (Les 7 Dernières Paroles du Christ, Ricercar 2009), Jean-Luc Macia s’attarde sur « la beauté des arpèges du premier violon » qui « évoque irrésistiblement le paradis », mais également souligne « un univers contrasté » et « un velouté instrumental presque idéal ». James Manheim, subjugué par « une construction claire et intimiste, va jusqu’à qualifier l’ambiance de cet enregistrement d’« hypnotique »… En concert, quand les quatre cordistes s’unissent avec le pianiste Cédric Pescia (Quintette de Dvorák), Matthieu Chenal parle d’une alchimie unissant rage et poésie… Que diront les spécialistes de la soirée d’avril au Victoria Hall ? Il faut y assister pour s’allier aux experts ou se former sa propre opinion…

Beata Zakes

Le 11 avril 2011 à 20h30 au Victoria Hall. A. Corelli, « Le Concerto grosso en Fa Majeur op. 6 N°2 », B. Martinu, C« oncerto pour quatuor à cordes & orchestre h 207 » ; A. Dvorák, « Sérénade pour instruments à vent op. 44, Suite tchèque en Ré Majeur op. 39 ». Quatuor Terpsycordes, OCG, dir. Arie van Beek.
Renseignements et billetterie : +41 (0)22 807 17 90, billetterie@locg.ch
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