A Milan
Milan : Le Musée du Novecento

Coup de projecteur sur l’ouverture du Musée du Novecento.

Article mis en ligne le avril 2011
dernière modification le 18 avril 2011

par Françoise-Hélène BROU

En plein centre de Milan, sur la place du Dôme et face à l’imposante cathédrale gothique, s’est ouvert en novembre dernier le Musée du Novecento (20ème siècle). Il s’agit d’une réhabilitation du Palais de l’Arengario conçue par l’architecte Italo Rota. Le nouveau bâtiment rassemble quelque 400 œuvres sur une surface d’exposition d’environ 4.000 m2

La particularité du nouvel édifice réside dans sa façade vitrée, permettant, de l’intérieur, d’avoir une vue panoramique sur la cathédrale et la place, son très grand escalier central de forme hélicoïdale, rappelant celui du Musée Guggenheim de New-York, constitue également un point fort de cette architecture. Enfin une passerelle le relie au Palazzo Reale mitoyen, autre lieu culturel de première importance de la cité lombarde. Ce projet, dont la construction a duré trois ans, vient combler une lacune dans le tissu des musées milanais.

Musée du Novecento, vue sur le Duomo voisin

Ce musée est entièrement dédié à l’art du XXe siècle ; nous découvrons dans les premières salles quelques œuvres des grands maîtres de l’avant-garde internationale : Picasso, Braque, Mondrian, Kandinski, Klee, Modigliani, Matisse. Les salles suivantes sont plutôt centrées sur les mouvements italiens avec en particulier une imposante série d’œuvres futuristes : Umberto Boccioni, Giacomo Balla, Carlo Carrà, Gino Severini ou Ardengo Soffici. Après cubisme et futurisme, suit un important noyau de la peinture métaphysique de Georgio de Chirico, succédant à une salle complète de natures mortes et de paysages de Giorgio Morandi. La chronologie du parcours conduit le visiteur à travers les diverses étapes de l’évolution de la peinture italienne moderne, certaines peu connues du public étranger, notamment entre les années trente et quarante, avec des artistes comme : Arturo Martini, Mario Sironi, Manzù, Mario Mafai, Filippo de Pisis.

Musée du Novecento, escalier central

Décrochement
Mais à partir des salles consacrées à Fausto Melotti et Lucio Fontana, on note un changement radical dans la conception d’accrochage et d’installation des œuvres. En effet, l’espace qui leur est doté s’accroît et isole ainsi mieux chaque pièce. Ce décrochement correspond aussi à l’avènement, à partir des années cinquante, d’un art centré sur les valeurs plastiques des pleins et des vides. Dès lors la « respiration » entre les œuvres est-elle plus sensible et visuellement magnifiée, c’est le cas pour : Alberto Burri, Emilio Vedova, Giuseppe Capogrossi.

Musée du Novecento, vue des salles d’exposition

Plus on s’élève dans l’édifice par les escaliers et les escalators, plus cette sensation d’espace et de lumière s’impose ; ainsi les salles consacrées au mouvement de l’Arte Povera avec, entre autres, des œuvres de Piero Manzoni, Jannis Kounellis, Luciano Fabro, Mario Merz, Michelangello Pistoletto, sont-elles d’une grande limpidité perceptuelle. Enfin le point culminant de ce parcours, situé au sommet du bâtiment qui compte sept niveaux, est incontestablement l’espace consacré à Lucio Fontana, composé de deux salle vitrées, superposées, d’où l’on voit les perspectives de la cathédrale et de la place. Elles abritent des peintures, une sculpture et une lampe monumentale : « Le Néon ». Le plafond de la salle inférieure a été réalisé par l’artiste réputé pour ses « concepts spatiaux » qui, certes, s’intègrent admirablement dans ce lieu.

Françoise-Hélène Brou

Museo del Novecento, Palazzo dell’Arengario, Piazza Duomo, Milan
Métro : lignes jaune et rouge, arrêt : Duomo
www.museodelnovecento.org