Musée d’Orsay
Paris : « L’Ange du bizarre »

Le romantisme noir s’affiche au musée d’Orsay

Article mis en ligne le 2 avril 2013
dernière modification le 11 juin 2013

Le musée d’Orsay accueille en ses murs l’exposition « L’Ange du bizarre, le Romantisme noir, de Goya à Max Ernst », organisée en collaboration avec le Städel Museum de Francfort, lieu dans lequel l’exposition a été présentée pour la première fois.

Le terme de « romantisme noir » sert à désigner la part d’ombre, d’irrationnel et d’excès que l’on trouve dans la littérature et les arts plastiques à partir des années 1760-1770, dissimulé sous l’apparent triomphe des lumières de la raison.

Réunissant 200 œuvres environ - peintures, dessins, estampes et sculptures - de la fin du XVIIIe siècle jusqu’au début du XXe siècle, ainsi qu’une douzaine de films datant de l’entre-deux-guerres, cette exposition permet de relire et de comprendre les sources littéraires et artistiques de l’univers de la fantaisie noire qui imprègnent aujourd’hui encore films, jeux vidéo et créations musicales. Sur les murs, le visiteur découvrira les créations visionnaires de Goya, Füssli, Blake, Delacroix, Hugo, Friedrich, Böcklin, Moreau, Stuck, Ensor, Mucha, Redon, Dali, Ernst, Bellmer, Klee et de nombreux autres artistes et cinéastes.

De Londres à Paris en passant par Madrid et Dresde, peintres, graveurs et sculpteurs multiplient les solutions plastiques pour plonger leurs spectateurs dans les vertiges du terrible et du grotesque, rivalisant avec les poètes, les dramaturges et les romanciers : Goya et Géricault nous confrontent aux atrocités absurdes des guerres et des superstitions de leur temps, Füssli et Delacroix livrent leur interprétation passionnée des lectures de Dante, Milton, Shakespeare et Goethe en donnant corps aux spectres, sorcières et démons qui peuplent ces récits, tandis que C.D. Friedrich et Carl Blechen projettent le spectateur dans des paysages énigmatiques et funèbres. C’est sur ce terreau européen extrêmement divers et fécond que se développent les ramifications sombres du symbolisme à partir des années 1880.

Jusqu’au 9 juin 2013