Musée Rietberg, Zurich
Zurich : L’art textile en Inde

Baldaquins de la déesse

Article mis en ligne le 27 décembre 2013
dernière modification le 16 avril 2014

Le musée Rietberg présente jusqu’au printemps une importante sélection de tentures fabriqués en Inde, dans la province du Gujarat.

Dans le Gujarat, on appelle « baldaquins de la déesse » des tissus illustrés de grand format qui délimitent un espace sacré pour la vénération des déesses. Imprimés ou peints, ils racontent les hauts faits de Vihat, dotée de vingt bras, de Kodhiar tuant le buffle ou de Bahuchara chevauchant un coq.

Ce sont les hommes d’une caste semi-nomade, celle des Vaghri, qui réalisent - depuis de nombreuses générations dans la ville d’Ahmedabad, l’un des plus importants et des plus anciens centres textiles du monde –, ces images particulièrement ouvragées. Leurs conditions de vie sont difficiles et en marge de la société ; ils gagnent leur vie comme chiffonniers, travailleurs saisonniers, colporteurs ou fabricants de cordes.

Les acheteurs de ces tentures appartiennent, eux aussi, à des catégories sociales défavorisées : ils travaillent comme balayeurs des rues, conducteurs d’ânes, gardiens de chameaux ou de moutons ; il s’agit en l’occurrence de personnes auxquelles il était autrefois interdit de pénétrer dans un temple hindou orthodoxe. Ces tentures sont des cadeaux qu’ils offrent à leurs déesses afin qu’elles leur accordent la santé, une descendance et le succès, et les protègent des maladies. Elles décorent les sanctuaires en torchis qui ne possèdent pas d’image de culte et délimitent, sous forme de baldaquins, le domaine sacré de son entourage, généralement peu hospitalier. Elles invitent en outre la déesse à s’y installer pour accomplir le rituel.

L’exposition présente une sélection de pièces exceptionnelles provenant de l’importante collection de textiles dont l’ancien directeur, Dr. Eberhard Fischer, a récemment fait don au Musée. Elle donne un aperçu de la technique de façonnage et des processus de fabrication de ces images, mais aussi de leur iconographie religieuse ainsi que de leur utilisation rituelle.

Jusqu’au 13 avril 2014