Bozar, Bruxelles
Bruxelles : L’estampe au temps de Bruegel

Commémoration

Article mis en ligne le 28 février 2019
dernière modification le 23 juin 2019

Dans le cadre de l’année de commémoration de l’anniversaire de la mort de Pieter Bruegel l’Ancien, BOZAR propose de découvrir ce printemps la production artistique du bouillonnant XVIe siècle. Sous la double affiche Bruegel et son temps, BOZAR présente deux grandes expositions consacrées à la Renaissance aux Pays-Bas méridionaux : Bernard van Orley et L’Estampe au temps de Bruegel.

Avec L’Estampe au temps de Bruegel, les projecteurs sont braqués sur l’art de la gravure, un support nouveau et révolutionnaire qui a conquis le monde entier au XVIe siècle. Pieter Bruegel est aujourd’hui surtout connu pour sa peinture, mais ce sont les gravures de ses dessins qui ont assis sa réputation de son vivant. S’il était un véritable pionnier des arts graphiques, Bruegel était loin d’être le premier ou le seul spécialiste du genre : son œuvre picturale n’est qu’un minuscule échantillon, mais la réputation du maître est telle qu’elle fait de l’ombre à de nombreuses autres images et illustrations sur papier qui sont autant de joyaux à découvrir.

L’Estampe au temps de Bruegel - coproduite avec la Bibliothèque royale de Belgique - réunit de très nombreuses estampes (eaux-fortes gravures sur métal et gravures sur bois) de Bruegel et de ses contemporains – comme Lucas van Leyden, Albrecht Dürer, Pieter Coecke van Aalst, Michiel Coxcie… – et brosse ainsi un tableau dynamique de la production de gravures aux Pays-Bas méridionaux à l’époque de Bruegel.

C’est une exposition chronologique et thématique qui rassemble environ 150 estampes du XVIe siècle, parmi lesquels de nombreuses œuvres remarquables et rarement présentées au public. Toutes viennent de la très riche collection de la Bibliothèque royale de Belgique. Les techniques de la taille d’épargne et de la taille-douce y sont représentées et les sujets choisis sont d’une incroyable diversité. L’exposition fait aussi la part belle aux scènes de genre, des scènes de la vie quotidienne satiriques ou porteuses d’un message moralisateur. L’avènement et l’essor de l’art de la gravure au XVIe siècle n’est donc pas uniquement une success story artistique. Le savoir-faire totalement maîtrisé et l’audace entrepreneuriale ont également joué un rôle majeur. La gravure était en effet un support particulièrement polyvalent… qui se vendait bien !

Parmi les œuvres maîtresses figurent de sublimes gravures de Dürer et de Lucas van Leyden. Devenu emblématique, Le Rhinocéros de Dürer a été imprimé jusqu’au XVIIe siècle. D’autres gravures impressionnent surtout par leur format inhabituel. C’est le cas de L’Arbre généalogique de Charles Quint de Robert Peril – richement illustré, sur sept mètres de long – dont les visiteurs pourront admirer un des rares exemplaires encore intacts. Des grandes eaux-fortes, comme L’École d’Athènes d’après Raphaël ou L’Erection du serpent d’airain d’après Frans Floris sont de véritables œuvres de bravoure – artistique et technique – qui témoignent du talent de l’artiste et des artisans.

Tout autre esprit et toute autre ambiance avec les compositions bizarres et souvent grotesques dans le style de Jeroen Bosch, comme La barque-moule ou L’éléphant de guerre. Toutes les estampes ne sont pas en noir et blanc. Artistes et imprimeurs ont également expérimenté la couleur, comme le montrent les gravures de Frans Floris et de Crispin van den Broeck. En fonction de ses goûts et de son budget, le client pouvait commander une gravure en couleur ou même la faire recouvrir d’une feuille d’or. C’est le cas par exemple d’une série de la Passion, d’après les dessins de Johannes Stradanus.

Du 27 février au 23 juin 2019