Opéra de Nice
Nice : “Rigoletto“

L’Opéra de Nice présentait une nouvelle production de Rigoletto, avec un superbe Carlos Almaguer dans le rôle-titre.

Article mis en ligne le décembre 2007
dernière modification le 21 décembre 2007

par François JESTIN

Belle nouvelle production de Rigoletto, avec un superbe Carlos Almaguer dans le rôle-titre. Le reste de la distribution est moins enthousiasmant, mais la direction musicale est excellente.

C’est Paul-Emile Fourny, directeur de l’Opéra de Nice, qui réalise pour son ouverture de saison une nouvelle production assez classique et qui fonctionne parfaitement. Les décors et costumes de Michael Scott sont dans la tradition : des tentures rouges chez le Duc de Mantoue, des femmes aguichantes, avec quelques paires de seins nus. La maison de Rigoletto sera figurée plus tard par une belle façade à colonnes avec balcon, autorisant un Roméo et Juliette entre le Duc et Gilda.

Valeria Esposito (Gilda) et Carlos Almaguer (Rigoletto) © Philippe Gromel

La seule originalité se situe à la toute fin de l’œuvre, où Gilda est dédoublée : un corps dans le sac destiné au fond de l’eau, et la chanteuse en arrière plan, tel un ange blanc déjà loin, ce qui permet aussi à l’artiste de chanter debout. Dans ce rôle, Valeria Esposito se révèle très décevante, surtout en raison de sons fixes très désagréables, ce qui fait souvent passer son style de chant pour un exercice scolaire. La voix en général, et les graves en particulier manquent d’épaisseur, mais les problèmes s’estompent dans les passages difficiles, comme la fin du «  Caro nome », où elle démontre des qualités indéniables de musicalité et d’agilité. Le ténor Andrea Cesare Coronella (Duc de Mantoue) fait valoir un médium pâteux – qui pourrait rappeler Bergonzi dans ses très vieilles années – mais l’aigu est par moments fulgurant de projection, ce qui ne rattrape malheureusement pas ses défauts de justesse à d’autres endroits.
Le Rigoletto du Mexicain Carlos Almaguer est en revanche un vrai bonheur : voix superbement timbrée, puissance, expressivité, il est sans aucun doute l’un des meilleurs barytons Verdi actuels.
Les autres rôles sont bien tenus : Philippe Kahn (Sparafucile), Jana Sykorova (Maddalena) et Luciano Montanaro (Monterone). La direction musicale de Marco Guidarini produit de beaux effets dramatiques, par un spectre très large de volumes sonores ; il est à la tête d’un orchestre sans faute, et de chœurs de belle qualité, mais à qui il manque curieusement parfois un soupçon d’italianità.

François Jestin

Verdi : RIGOLETTO : le 6 novembre 2007 à l’Opéra de Nice