Théâtre La Grange de Dorigny-UNIL, Lausanne
Lausanne : « Le sexe c’est dégoûtant »

Création

Article mis en ligne le 17 janvier 2020

Matthias Urban met en scène un texte d’Antoine Jaccoud consacré à ce qu’il est convenu d’appeler l’échangisme, avec l’idée de confronter quatre personnages, ni meilleurs ni plus grands pécheurs que le commun des mortels, devant cette tentation. A l’affiche du théâtre La Grange de Dorigny, avant de partir en tournée.

Présentation
Quand le pilates commence à lasser, que la perspective du marathon de Lausanne, ou même de New York, s’estompe mollement à l’horizon et que les week-ends au chalet deviennent mortifères. Quand même les séries Netflix suscitent une manière d’indifférence, que le Guide du Routard tombe des mains, que les dégustations de vins produits en biodynamie dégagent une sorte de fadeur. Quand le couple a tout essayé – les livres, les randonnées, le dialogue – mais peine à sortir d’une crise que le thérapeute voit, lui, comme une opportunité. Quand le monde, enfin, n’apporte que des mauvaises nouvelles et que l’espèce se met à craindre son extinction... Alors, il reste l’échangisme.

« Le sexe c’est dégoûtant »
© Vincent Veillon

Selon l’auteur : On leur a vendu l’affaire comme une expérience à tenter une fois la quarantaine passée (on commence à avoir du cuir, à cet âge-là, sur le cœur comme sur les zones érogènes), on leur a raconté que leur couple pouvait sortir consolidé de la chose, ou alors plus libre, plus apte au lâcher-prise ! On les a encouragés, enfin, à, comme on dit, sortir de leur zone de confort monogame et petit-bourgeois. Les voilà au pied du mur, là où l’on reconnaît le maçon. Reste à l’escalader, ce mur, et peut-être à prendre la mesure du gouffre qui sépare parfois le fantasme de la réalité, le désir de transgression au passage à l’acte.

Le projet imaginé par Antoine Jaccoud et Matthias Urgan s’intitule Le sexe c’est dégoûtant, et évoque une soirée entre quatre adultes, deux couples réunis pour tenter une première expérience d’échangisme. Entre doute et volontarisme, rêve et réalité, fantasme et trivialité, la soirée révèle les tourments existentiels des personnages, dans lesquels nous pouvons tous nous reconnaître. Un enjeu plus souterrain se profile, une quête de consolation et de réparation anime les protagonistes. Un besoin de tendresse, de sécurité même, qui s’identifie derrière le grotesque de la situation. Il y aura des vertiges, des fou-rires (espérons-le), mais peut être aussi des larmes. On va dès lors s’intéresser à ce qu’il y a derrière, ou dessous, le sexe et la sexualité... On parle parfois de "satisfaction sexuelle de besoins non sexuels". Un besoin de reconnaissance, de liens, de partage avec l’autre se fait ressentir, et ce vertige, cette sensation vécue dans son intimité, se partage dans un théâtre.

Du 31 janvier au 8 février 2020

Réservations : grangededorigny.ch | 021 692 21 24

Tournée

- Théâtre de Beausobre, Morges, 11 février 2020
- Théâtre Benno-Besson, Yverdon, 13-14 février 2020
- Nuithonie, Fribourg, 12-14 mars 2020
- Théâtre St-Gervais, Genève, 24-29 mars 2020