Espace Pitoëff, Genève & Suisse romande
Genève : FIFDH - édition repensée !

Covid-19 : l’édition 2020 du FIFDH est modifiée

Article mis en ligne le 24 février 2020
dernière modification le 6 mars 2020

Le festival du film et forum international sur les droits humains – devenu l’un des rendez-vous les plus important de la scène internationale grâce à sa programmation, ses débats et son militantisme, se déroulera à Genève du 6 au 15 mars.
Suite à l’épidémie de Coronavirus, le FIFDH annule toutes les projections publiques mais revient sous une forme repensée, en proposant 27 débats et entretiens à suivre en direct sur internet.

Faisant écho à la question du bouleversement climatique, un sujet qui devient majeure dans le débat public, comme le montrent les manifestations qui ont lieu dans de nombreux endroits du monde, le FIFDH pose la question de l’urgence climatique, en tentant de mieux comprendre comment les sociétés actuelles ont évolué tout en réinventant le passé.

« Maternal » de Maura Delpero

Films en compétition
Ils sont nombreux, et tous ne peuvent être cités. Mentionnons toutefois quelques titres :
-  Nuestras madres , de Cesar Diaz, Caméra d’Or au Festival de Cannes 2019, raconte l’histoire d’un jeune anthropologue qui, à l’heure des procès des militaires à l’origine de la guerre civile au Guatemala, tente de retrouver la trace de son père disparu.
-  Maternal de Maura Delpero, film argentin/italien sur l’avortement. Un fils, drame familial dans l’été tunisien 2011 réalisé par Mehdi M. Barsaoui.
-  Made In Bangladesh de la réalisatrice Rubaiyat Hossain qui dépeint le paysage décourageant des usines aussi vétustes que les bureaux d’administration, illuminé par le courage indéfectible des travailleuses.
-  Balloon de Pema Tseden, un film qui se confronte à la condition de la femme dans le contexte paradoxal du conservatisme religieux et de l’émancipation sexuelle en Chine.
-  Kuessipan de Myriam Verreault, Canada, nous emmène dans la communauté innue de Uashat, au Québec.
-  Verdict de Raymund Ribay Gutierrez qui raconte le labyrinthe juridique dans lequel tant de femmes victimes de violences se retrouvent empêtrées.
-  Yalda, la nuit du pardon de Massoud Bhakshi, un film iranien jouant habilement de la société du spectacle.

« Yalda, la nuit du pardon » de Massoud Bhakshi

Et hors Compétition, le FIFDH programme une projection spéciale de Marighella de Wagner Moura, soit l’histoire de Carlos Marighella, ancien politicien, poète et militant marxiste brésilien assassiné par la dictature militaire en 1969. Une épopée homérique à la hauteur du courage de cette figure complexe, interprétée par l’artiste Seu Jorge. Quant au film The End Will Be Spectacular du syrien Ersin Çelik, il raconte la résistance des combattants kurdes en 2015, alors que l’armée turque lance un siège meurtrier à Sur, le centre historique de la ville de Diyarbakir. Le film est basé sur le récit des survivants et certains jouent leur propre rôle.

« Gaza » de Garry Keane

Il y a également une section Documentaires avec des films tels que Aswang de Alyx Ayn Arumpac, un mot désignant les sorcières, les vampires et les fantômes aux Philippines (primé à l’IDFA). Colectiv de Alexander Narau relate l’incendie tragique d’une boîte de nuit roumaine et l’enquête stupéfiante d’une équipe de journalistes sur la corruption massive du système de santé national. Gaza de Garry Keane et Andrew McConnell dresse un portrait de Gaza par-delà les ruines et le conflit sans fin. I Owe You A Letter about Brazil de Carol Benjamin raconte l’histoire de César qui après une manifestation étudiante est torturé puis condamné à 13 ans de prison. Grâce à une campagne menée de main de fer par sa mère Irmaya avec Amnesty International, l’adolescent est libéré après 5 ans d’isolement complet et Irmaya devient la figure tutélaire de la “mère Courage” au Brésil.

« Birmanie, les coulisses d’une dictature »
© Bullitt Film / Little Big Story

Quant à la rubrique Grands reportages, elle permettra de visionner entre autres Birmanie, dans les coulisses d’une dictature de Karen Stokkendal Poulsen, qui tente de comprendre les agissements du Prix Nobel de la Paix birmane Aung San Suu Kyi, qui a accèdé au pouvoir en 2015 après 50 ans de dictature militaire impitoyable ; Call Me Intern concernant le scandale autour de David Hyde, stagiaire non-rémunéré de l’ONU qui dormait sous tente aux bords du lac Léman en 2015 ou Coup 53 de Taghi Amirani qui raconte le coup d’état orchestré conjointement en 1953 par la CIA et le MI6 pour faire tomber le premier ministre iranien Mohammad Mossadegh, fervent défenseur de la démocratie séculaire et de la résistance à l’impérialisme occidental.

Ceci n’est qu’un aperçu, d’autres documentaires étonnants vous attendent !

Du 6 au 15 mars 2020

En plus du Centre du Festival à l’Espace Pitoëff, le FIFDH vous accueille dans plus de 65 lieux du Grand Genève et de Suisse romande