Théâtre de la Ville, Paris
Paris : Saison 2020 - 2021

A l’affiche

Article mis en ligne le 5 septembre 2020

par Viviane Vuilleumier

Le Théâtre de la Ville a lancé sa nouvelle saison, une saison entièrement réinventée et dont le maître-mot est solidarité ; elle réunie 100 propositions de théâtre, danse, musiques et créations pour l’enfance et la jeunesse venus de 30 pays ainsi qu’un temps fort dans le cadre de Africa2020.

La programmation recèle une sélection de pièces qui ne devraient pas manquer de séduire les amateurs.

Signalons tout d’abord Les Sorcières de Salem qui rejoueront leur ballet diabolique, lançant un cri contre l’intolérance et la haine du 8 septembre au 10 octobre (Espace Cardin). Parce que l’histoire peut toujours se répéter, parce que l’intolérance, l’aveuglement sont à nos portes, Emmanuel Demarcy-Mota remet à la lumière, avec sa troupe et sur une grande scène, cette farouche pièce américaine.

« Qui a tué mon Père »
© Jean-Louis Fernandez

Projet original que celui de Tenir Paroles servi par la Troupe de l’imaginaire, conçu et mis en espace par Emmanuel Demarcy-Mota.. Depuis le début du confinement, 97 acteurs, médecins, danseurs, scientifiques et musiciens ont partagé l’aventure des consultations téléphoniques puis présentielles dès que cela a été possible. Au 1er juillet, 7 500 personnes avaient participé à ces dialogues inattendus, échanges en tête à tête entre un artiste et un scientifique et une personne consultée. Les échanges ont eu lieu en 19 langues et dans plus de 30 pays à travers le monde. Chaque rencontre est unique, chaque dialogue une expérience intime et artistique. C’est la charge d’humanité de cette aventure inouïe que la Troupe cherche à porter sur scène, réunissant témoignages de consultants, de consultés, de médecins, de patients. Un instantané, un devoir de mémoire sur cette période à la fois proche et lointaine (du 22 septembre au 9 octobre (Espace Cardin).

Place aussi, aux Abbesses, à une création du Théâtre de la Ville et de la Schaubühne qui, sous le titre Qui a tué mon Père , permettra d’entendre un monologue saisissant interprété par l’écrivain Edouard Louis - son propre rôle en fait - dans une mise en espace de Thomas Ostermeier. Avec ce portrait indigné, tout de colère et de tendresse mêlées, Édouard Louis fouille les contradictions intimes d’un homme brisé. Entendre ce texte par la bouche de son auteur, le voir livrer ses souvenirs d’enfance, décuple sa portée (du 9 au 26 septembre).

Théâtre Montfort : « Les aventures d’Hektor »
© Jeanne Roualet

L’Espace Cardin-Studio accueille du théâtre documentaire dans le cadre du Festival d’Automne dans la rubrique Chantiers d’Europe. Tout d’abord trois spectacles, trois histoires du capitalisme, du néo-colonialisme, et de leurs conséquences, au Chili, en Argentine et au Brésil.Il s’agit de la trilogie Pacífico , présentée pour la première fois dans son intégralité par le duo Laida Azkona Goñi et Txalo Toloza-Fernández. Le premier spectacle, Teatro Amazonas, sera joué du 28 au 30 septembre. Le deuxième, Tierras del Sud, du 2 au 3 octobre, et le dernier, Extraños Mares Arden, du 6 au 8 octobre.

Mentionnons encore les Aventures d’Hektor , un spectacle entre burlesque et acrobatie qui narre les tribulations inénarrables d’un rêveur acharné. Hektor, né de l’imagination d’Olivier Meyrou et Matias Pilet, est interprété par ce dernier dont le talent pour le burlesque explose dans cette comédie poétique inspirée du slapstick. A voir hors les murs, au Théâtre Montfort (du 22 septembre au 10 octobre).

Viviane Vuilleumier