Galerie Cramer, Genève
Genève : Antonio Saura

Mais où est donc passé Marilyn ?

Article mis en ligne le 28 avril 2022
dernière modification le 22 juillet 2022

La Galerie Patrick Cramer consacre une importante exposition au peintre espagnol Antonio Saura en présentant des peintures et dessins sur papier réalisés dans les années 1959 à 1997.

L’exposition se compose de 38 œuvres sur toile ou sur papier avec les sujets typiques tels le Chien de Goya, des portraits de Philippe II, des autoportraits, des cartes postales rehaussées de peinture acrylique, des femmes-fauteuils et 6 beaux autodafé qui sont des peintures sur des couvertures intérieures de livres desquels l’artiste a arraché les pages.
C’est une exposition de musée car toutes les œuvres viennent de la Fondation Saura et elles ont été choisies spécialement pour faire un bel ensemble avec des oeuvres de 1959 à 1997.

Rappelons que lors de la mort d’Antonio Saura en 1998, le quotidien El Pais annonçait la disparition du « peintre du noir » en parlant de lui comme d’« un des artistes espagnols les plus importants de ce siècle et [d’]un nom essentiel de l’avant-garde. » Saura appartient à un pays, à un moment de l’histoire nationale et à une tradition artistique qui le conduiront, comme Tàpies, à réfléchir sur les fins et les moyens de sa pratique de l’art. Un art qui sera offensif, agressif, comme Picasso en donnait l’exemple. Avec une constance qui a parfois étonné un public conditionné à regarder une œuvre de peinture suivant des « périodes » distinctes, Saura s’est tenu à quatre thèmes : les Dames, les Crucifixions, les Portraits imaginaires, les Foules (Multitudes). Ces quatre thèmes donnent figure à une angoisse, à une inquiétude intellectuelle qui sont sans doute fondamentalement celles de l’artiste.

Jusqu’au 16 juillet 2022