Concerts-Club au Victoria Hall
Genève : Quand Venise s’invite

Quelques mots pour présenter les musiciens attendus aux Concerts-Club à Genève, jeudi 28 février.

Article mis en ligne le février 2008
dernière modification le 3 février 2008

par Pierre JAQUET

Une soirée placée sous le signe de la chaleur et de l’éclat vénitiens. Quoi de mieux pour une soirée d’hiver en Suisse ?

L’« Orchestra barocca di Venezia » est, comme son nom l’indique, un ensemble instrumental expert dans la production des pages baroques vénitiennes sur instruments d’époque. Fondé en 1997 à Venise par Andrea Marcon, il a pour objectif premier la redécouverte d’œuvres baroques de la ville sérénissime, but illustré notamment par la première exécution à notre époque de nombreuses productions de Vivaldi, Cavalli, mais aussi d’opéras de Haendel, Cavalli et Cimarosa, en collaboration avec le Théâtre de La Fenice.
En 2004, l’orchestre enregistre une serenata titrée : « Andromeda Liberata ». Cette composition, déposée au Conservatoire Benedetto Marcello de Venise, était classée en tant que page anonyme, jusqu’au jour où le musicologue français Olivier Fourès y a découvert une feuille d’un air composé par Vivaldi, ce qui tendait à prouver que la serenata était née de la plume du Prêtre roux. Cette création, qui a fait l’effet d’un scoop, a notablement contribué à la renommée de l’ensemble. Un coup de chance se transforme ainsi en un coup de pouce.

Un chef expérimenté
Andrea Marcon est né à Trévise en 1963 ; il a étudié l’orgue et le clavecin avec Vanni Ussardi. En 1983, il a été admis à la Schola Cantorum de Bâle où il a suivi, entre autres, les cours de Jordi Savall. La même année – sans avoir froid aux yeux, car il avait à peine vingt ans – il a fondé un premier groupe instrumental : l’ensemble Sonatori de la Gioiosa Marca. Nombreux sont les disques de cette formation, surtout dédiés aux concertos de Vivaldi, qui ont été édités par le label DIVOX ces dernières années. S’il ne fallait citer qu’un seul exemple de ses réalisations couronnées de succès, on pourrait rappeler que la phalange a reçu, en 1996, le Diapason d’Or de l’année pour son enregistrement des concertos de Vivaldi intitulé « Le Humane Passioni ».

Andrea Marcon

Tout en animant ce groupe d’instrumentistes dédiés à la musique concertante et orchestrale, Andrea Marcon a approfondi sa formation. En 1987, il a obtenu les diplômes de musique ancienne, orgue et clavecin !
Jamais en manque de projets, et alors que le premier orchestre peut profiter de sa réputation légitimement acquise, Andrea Marcon fonde, en 1997, un deuxième ensemble de musique baroque, l’Orchestre baroque de Venise, qu’il emmène toujours et dans le répertoire duquel la musique de Vivaldi occupe une place privilégiée. Mais le but premier de cet autre groupe de musiciens consiste avant tout à faire redécouvrir des partitions opératiques oubliées, mais qui possèdent des qualités intrinsèques. Quelques titres qu’il faudra connaître : L’Orione de Francesco Cavalli, La Morte d’Adone et Il trionfo della poesia e della musica de Benedetto Marcello, ou encore L’Olimpiade de Cimarosa.
Le musicien s’est intéressé de près au travail éditorial en s’impliquant dans la première édition de compositions de Girolamo Frescobaldi, et Claudio Merulo. N’oubliant pas un instrument de ses premières années, Andrea Marcon a créé en 1989 le festival d’orgue Città di Treviso e della Marca Trevigiana ; en 1990 l’Académie d’orgue européenne de Castel Coldrano ; et enfin en 1995 l’Académie d’orgue Città di Treviso.
Andrea Marcon est également professeur de clavecin, d’orgue et de pratique historique à la Schola Cantorum de Bâle.

Un soliste aguerri
Giuliano Carmignola est, lui aussi, né à Trévise, en 1951. Ce violoniste a commencé sa formation à l’âge de 5 ans avec son père ; adolescent, il est entré au Conservatoire de Venise. Il a étudié ensuite sous les augustes férules de Nathan Milstein et Franco Gulli à l’Académie Chigiana de Sienne, ainsi que de Henryk Szeryng au Conservatoire de Genève.
Dans les années 1970, il a effectué une tournée internationale en tant que soliste avec l’ensemble I Virtuosi di Roma, tout en collaborant fréquemment avec un trio à cordes et piano. Cette période lui a permis d’acquérir un capital de formation musicale et humaine fort précieux.
S’il s’est produit en tant que soliste à travers toute l’Europe avec quelques-uns des plus grands orchestres internationaux, sous la baguette de chefs d’orchestre tels que Claudio Abbado et Eliahu Inbal, il s’est très tôt spécialisé dans la musique ancienne. L’interprète participe régulièrement à des festivals de musique baroque à travers l’Europe, notamment à Bruges, Lucerne, Vienne, Bruxelles, Salzbourg, Barcelone... L’artiste a été premier violon de l’Orchestre de La Fenice de 1978 à 1985.
En 1999, Giuliano Carmignola a été nommé professeur de violon à la Hochschule de Lucerne. Il a enseigné à l’Académie musicale Chigiana de Sienne et a été professeur de violon au Conservatoire de Venise pendant 10 ans. Giuliano Carmignola joue avec un Pietro Guarneri datant de 1733. L’écoute de ses disques permet d’apprécier un archet au trait précis qui cisèle le discours musical. Le jeu est toujours parfaitement clair et net, sans que jamais ne verse dans la raideur. Les notes virevoltent avec élégance et sentiment, tout en évitant une italianité bavarde.

Pierre Jaquet

Concerts-Club à Genève. Victoria Hall, jeudi 28 février à 20 h 30
Orchestre Baroque de Venise. Direction : Andrea Marcon, Soliste : Giuliano Carmignola, violon.
A. Vivaldi : Symphonie en ré mineur de l’opéra « Il Giustino », RV 717 ; Concerto pour cordes et basse continue, RV 157 ; Concerto en si majeur, RV 547 ; Concerto pour violon, cordes et clavecin, RV 278 – T. Albinoni : Concerto pour violon N° 5, op. 5 –
B. Galuppi : Concerto a quattro en sol majeur – P. Locatelli : Concerto pour violon N° 1, op. 3 – G. Tartini : Concerto pour violon en la majeur, D. 96.
Site internet : http://www.sonyclassical.com/artists/venice_baroque/adhome.html