Paris, Palais de Tokyo
Paris, Palais de Tokyo : Loris Gréaud

Avec Cellar Door, son nouveau projet, Loris Gréaud investit la totalité du palais de Tokyo.

Article mis en ligne le avril 2008
dernière modification le 22 avril 2008

par Régine KOPP

L’artiste n’a pas trente ans et aligne déjà un nombre impressionnant d’expositions personnelles et collectives dans des lieux d’exposition prestigieux à Paris, New York et Tokyo.

Le galeriste qui le représente n’est autre qu’Yvon Lambert. Son travail avait déjà intéressé Marc-Olivier Wahler, lorsqu’il a dirigé de 2000 à 2006 le Swiss Institute-Contemporary à New York et qu’il l’avait invité à participer à l’exposition Space Boomerang. Marc-Olivier Wahler est aujourd’hui le nouveau directeur du Palais de Tokyo, où il a été nommé en février 2006 et a voulu poursuivre son projet avec cet artiste. C’est un lieu voué à la création contemporaine française et internationale, ouvert de midi à minuit. Loris Gréaud est une forte personnalité qui s’intéresse aussi bien à l’architecture, à la mécanique quantique, au cinéma, qu’à la musique électronique. « Comme nombre d’artistes, dit Marc-Olivier Wahler, il a de très bonnes idées, mais contrairement à la plupart, il sait s’entourer des meilleurs historiens, cinéastes, musiciens ou architectes pour donner vie à ses projets  ».

Avec Cellar Door, son nouveau projet, ce plasticien investit pour la première fois la totalité des 4000m2 du palais de Tokyo pendant trois mois. Loris Gréaud dit avoir beaucoup réfléchi sur les éléments invisibles qui constituent l’œuvre d’art et dont son œuvre veut témoigner. Car pour lui, l’œuvre d’art n’est jamais ce qu’elle est et, en fin de compte, c’est celui qui regarde qui finit l’œuvre. « Que produit une image ou une forme, que produit une exposition ou un geste, s’interroge-t-il. Le projet Cellar Door définit certaines pistes de travail et entretient cette figure du paradoxe que j’aimerais aiguiser, dire oui et non en même temps ».

Ainsi a-t-il érigé pour son parcours d’exposition une forêt d’arbres calcinés recouverts d’une poudre à canon inflammable, puis chorégraphié un ballet interprété par quatre joueurs de paintball armés de bleu Klein, dans une structure étrange et monumentale recouverte de gaze. Au cœur de l’exposition, un studio – avec un ingénieur- antichambre de l’atelier qui fait vivre l’exposition en temps réel – de 14h à 20h – car l’ensemble des installations s’articule autour d’un opéra, composé par Thomas Roussel sur un livret de Raimundas Malasauskas et Aaron Schuster.

Comme Yves Klein qui sculptait des peintures de feu, Loris Gréaud veut sculpter l’invisible, l’immatériel, fil conducteur de son travail. Il invente ainsi du champagne noir ou des bonbons sans goût : Celador est une friandise dont le goût est à inventer, réellement mise en vente en utilisant les codes du mass marketing, qui reflète ainsi l’infiltration du réel. L’exposition est une invitation à déambuler dans l’atelier d’un artiste en son absence. Pour y entrer, on franchit une grande porte noire qui s’ouvre et se referme automatiquement derrière vous. On entre dans un monde étrange où l’artiste, à la fois réalisateur de cinéma, chef d’orchestre, pyrotechnicien nous présente un projet utopique avec des œuvres qui s’animent sous nos yeux.

Régine Kopp

Palais de Tokyo, jusqu’au 27 avril 2008
Loris Gréaud : un projet visionnaire