Centre de la photographie Genève
Genève : Gerhard Richter

L’exposition Gerhard Richter est prolongée jusqu’au 10 mai.

Article mis en ligne le avril 2009
dernière modification le 15 mai 2009

par Catherine GRAF

« La photographie fait partie d’un monde visuel bien plus large qu’elle-même. C’est pour cela que présenter Richter dans le cadre de notre programmation me semble si important. »
Joerg Bader, directeur du Centre de la photographie Genève

Gerhard Richter est l’un des artistes les plus cotés de notre époque – ne figure-t-il pas sur le Kunst Kompass aux côtés d’un Georg Baselitz ou d’une Pipilotti Rist – et l’institution genevoise tenait à s’aligner sur les grands pour une première présentation de l’artiste en terre genevoise.
A Vienne l’Albertina lui consacre actuellement une importante rétrospective.

Portrait
Richter est né à Dresde en 1932 et a étudié la peinture à l’Académie des Beaux-arts de sa ville natale. Il découvre Pollock et Fontana à la Documenta II de Cassel en 1959. Las des contraintes de l’esthétique réaliste socialiste, il part étudier à l’Académie de Düsseldorf. Il y fait la connaissance de Sigmar Polke qui est également devenu un peintre de référence depuis. En 1963, avec un troisième compère devenu galeriste, Konrad Lueg-Fischer, ils organisent l’exposition–performance : Vivre avec le pop, manifestation en faveur du réalisme capitaliste dans un magasin de meubles, s’intitulant ironiquement « représentants du pop art allemand ». De cette navigation entre les deux blocs, les deux systèmes, naîtra sans doute cette volonté de n’appartenir à aucun langage artistique achevé, aucun style, et une grande méfiance face à l’ordre établi.

Photographies peintes
Le lien que tisse Richter entre peinture et photographie est très ancien. Il peint d’abord des toiles figuratives inspirées de photographies, s’essaye à l’abstraction géométrique et aussi informelle, expérimente les couleurs, recycle certaines photographies qu’il retouche au pinceau et avec divers matériaux – dentelles, coulées diverses, papiers, etc. – pour en faire des cadeaux. Au fil du temps, cette série commencée en 1986 dépasse le millier d’originaux d’où sont tirées les quelque 350 exposées. Certaines témoignent d’une recherche formelle, comme la déclinaison de l’immeuble florentin retraité de vingt manières différentes. Ou encore les grands formats.
Cette entrée à l’œuvre par la petite porte donne envie de découvrir l’artiste dans la durée de ses gestes créateurs.

Catherine Graf

Centre de la photographie Genève, 10 rue des Vieux-Grenadiers, mardi- dimanche 11h.-18h., Jusqu’au 12 avril