Opéra de Montpellier
Montpellier : “Falstaff“

Quel dommage qu’un Falstaff qui nous fait trouver le temps long !

Article mis en ligne le septembre 2009
dernière modification le 22 septembre 2009

par François JESTIN

Triste fin de saison lyrique à Montpellier, avec un Falstaff assez loin de la jubilation habituelle.

Mais où sont donc passés la musique bondissante, surprenante, décoiffante, l’esprit et les clins d’œil de Verdi ? Dès les premières mesures – métronomiques – on se dit que le chef Friedemann Layer ne possède pas toutes ces qualités dans sa baguette. Peut-être relation de cause à effet, l’orchestre est loin d’être parfait ce soir, avec beaucoup d’imprécisions et quelques décalages, et pour arranger le tout, il joue fort, et couvre souvent le plateau. C’est un comble pour un Falstaff, mais on commence rapidement à trouver le temps long. Ce qui se passe sur scène n’est pourtant pas dénué d’intérêt, et le metteur en scène joue du véritable buffo, en débordant légèrement sur le style pipi – caca : à l’ouverture de la pièce, Bardolfo fait effectivement caca dans un seau, et au début de l’acte III, Falstaff se montrera dans son plus simple élément (un costume de nu bedonnant) et dévoilera son magnifique zizi à un public hilare.

« Falstaff », avec Nicola Alaimo (Falstaff) et Loïc Félix (Bardolfo)
© Marc Ginot

A part ces deux passages surprenants, le jeu est classique pour l’ensemble des commères et compères de Windsor, se déroulant sur un praticable en bois, rond et incliné. Un chanteur se détache du lot : il s’agit – heureusement ! – du rôle-titre dans lequel le jeune baryton-basse Nicola Alaimo fait valoir un timbre somptueux, bien placé et expressif. Evgueniy Alexiev (Ford) est également très satisfaisant, alors que la voix du ténor Sébastien Droy (Fenton) manque de séduction pour ce rôle, et que celle de Loïc Félix (Bardolfo) reste nasillarde. Côté féminin, Fionnula Mc-Carthy (Alice Ford) et Nona Javakhidzé (Meg Page) ne convainquent qu’à moitié, et Ursula Ferri (Quickly) est annoncée malade – ses nombreux déraillements en attestent, même si ses graves profonds impressionnent – tandis que le joli timbre musical de Guylaine Girard (Nanetta) éclaire cette soirée à chacune de ses interventions… trop rares !

François Jestin

Verdi : FALSTAFF le 12 juin 2009 à l’Opéra-Comédie de Montpellier