Concerts du dimanche
Genève : Kammerorchesterbasel & Angelika Kirchschlager

Un programme entièrement consacré à Händel sera donné au Victoria Hall par le Kammerorchesterbasel accompagné d’Angelika Kirchschlager

Article mis en ligne le 3 octobre 2009
dernière modification le 25 octobre 2009

par Régine KOPP

Il y a vingt-cinq ans, un groupe de jeunes musiciens, tous freelance,
jouant les uns dans les orchestres symphoniques de Bâle, Berne, Lucerne ou Zurich, les autres à l’orchestre de l’opéra de Zurich ou encore au Freiburg Barock Orchester, ont choisi de sortir des sentiers battus institutionnels. C’est ainsi qu’est né l’orchestre de chambre de Bâle, Kammerorchesterbasel.

Il n’est pas, comme d’aucuns pourraient le penser, la continuité du Basler Kammerorchester, celui-là même que créa Paul Sacher en 1926, et qui permit à de nombreuses œuvres d’êtres soit redécouvertes et jouées, soit tout simplement, créées par les solistes les plus renommés, comme Anne-Sophie Mutter ou Rostropovitch, familiers de cet orchestre. Restructuré dans son organisation en 1997 et dans ses orientations artistiques en 1999, la formation compte une quarantaine de musiciens et fonctionne sur le mode de l’autogestion et de la participation des musiciens à la stratégie.

Fraîcheur et couleurs
Pour se hisser en première ligue, puisque l’orchestre compte désormais parmi les meilleurs orchestres d’Europe, le chemin n’a cependant pas été sans embûche. Il le doit pour beaucoup à son directeur, Christoph Muller, violoncelliste de formation et cheville ouvrière, à la fois discret et acharné, c’est lui qui a tiré l’orchestre vers le haut. Il est sur tous les fronts, convainquant d’une part les bailleurs de fonds et traçant d’autre part la ligne artistique. Car l’orchestre ne veut pas se limiter à un répertoire. Il s’illustre aussi bien dans la production – en version concertante – d’opéras peu joués de Händel : Lotario, Riccardo Primo, Ezio que dans les symphonies de Beethoven – la troisième et la quatrième, dirigées par Giovanni Antonini, ont valu à l’orchestre d’être nommé en 2008 meilleur orchestre de chambre. L’approche baroque n’est qu’une facette du travail de l’orchestre qui s’engage tout autant pour la musique contemporaine, jouant des œuvres de Britten, Tippett ou Stravinsky mais aussi commandant des œuvres à divers compositeurs. Les membres de l’orchestre revendiquent avant tout une interprétation vivante, pleine de fraîcheur, riche en couleurs, quels que soient les styles ou les époques.

Angelika Kirchschlager
Photo Lukas Beck

Du beau monde
Depuis 2003, Julia Schröder est le premier violon solo et assure la direction de l’orchestre. Pour sortir des musiciens de la routine, rien de plus stimulant que des chefs venus d’horizon divers. Il y a le pionnier de l’interprétation historique Christopher Hogwood qui fait fureur comme chef baroqueux mais s’intéresse aussi au répertoire néo-classique. D’autres comme Giovanni Antonini, David Stern, Paul McCreesh, Paul Goodwin sont régulièrement invités. Mais le beau monde n’est pas seulement du côté des chefs. Des solistes comme Renaud Capuçon, Thomas Zehetmair, Emmanuel Pahud, Sabine Meyer, Tabea Zimmermann ou Sol Gabettta sont des valeurs sûres dans une programmation. Sans parler des chanteurs, dont les seuls noms font courir le public, Cecilia Bartoli, particulièrement en osmose avec cet orchestre, qui a fait des dizaines de concerts avec cette formation en Suisse et à l’étranger, mais aussi Magdalena Kozena, Emma Kirkby, Jennifer Larmore, Andreas Scholl, Matthias Goerne.

A Genève
On ne saurait oublier bien sûr Angelika Kirchschlager, régulièrement invitée par l’orchestre et que le public retrouvera le 11 octobre 2010, au Victoria Hall dans un programme entièrement consacré à Händel, ciselé sur mesure pour cette mezzo-soprano séduisante à la voix souple, avec des airs extraits de l’Ariodante et de Jules César, auxquels s’ajouteront deux Concerti grossi en Bémol majeur op.3, Nr 2 et le concerto op. 3 Nr. 4 où l’on retrouve dans la musique instrumentale la beauté et la tristesse des affects de la musique d’opéra. Force est de constater que les sentiments, les passions et les situations évoqués dans cette musique ne laissent en aucun cas l’auditeur indifférent.

Régine Kopp

Dimanche 11.10. à 17h00 : Concerts du dimanche. Angelika Kirchschlager, mezzo-soprano. Kammerorchester Basel, dir. Laurence Cummings (Haendel). Victoria Hall (Rens. par téléphone T. 0800 418 418 / Points de vente : Alhambra, Grütli, Genève-Tourisme, Victoria Hall)