Film de novembre 2009 : “Fame“

Le cinéaste Kevin Tancheroen reprend, pour son Fame, l’intrigue et la structure du film d’Alan Parker.

Article mis en ligne le novembre 2009
dernière modification le 29 janvier 2012

par Firouz Elisabeth PILLET

Fame


de Kevin Tancheroen, avec Naturi Naughton, Kherington Payne, Walter Perez. Etats-Unis, 2009.

Dans la prestigieuse High School of Performing de Broadway, à New York, chanteurs et comédiens aspirants suivent les quatre années d’un cursus soutenu, relevant de multiples épreuves et affrontant les défis d’une formation placée sous le signe de la compétition. Une fois passé le concours d’admission, chaque étudiant, aussi doué soit-il, doit travailler avec acharnement et faire preuve d’un engagement inconditionnel. Malgré ce programme spartiate, les étudiants connaissent les émois des premières amours, l’amitié et la solidarité.
A priori, ce remake du fameux Fame des années quatre-vingts reprend fidèlement la même intrigue : une école d’art, des élèves motivés, des professeurs exigeants mais complices, le tout sur une bande originale qui appartient désormais au répertoire musical international.

« Fame » de Kevin Tancheroen

En 1980, les quadragénaires d’aujourd’hui avaient découvert une comédie musicale déjantée, signée Alan Parker. Rythmes endiablés, chorégraphies audacieuses, bande originale à l’énergie communicative (dont le titre-phare Fame) : le film de Parker, offrant à de jeunes nouveaux venus l’occasion de se lancer dans le métier à travers des personnages de danseurs, chanteurs, musiciens, avaient permis de révéler des talents, comme Irene Cara, Gene Anthony Ray, Lee Curreri, Lisa Dean, artistes qui avaient profité du tremplin de Fame pour poursuivre une carrière cinématographique et télévisuelle importante, dans la série TV éponyme. Aujourd’hui encore, le film de Parker reste considéré comme un succès générationnel, et a d’ailleurs valu un Oscar à son réalisateur.

Presque trente ans plus tard, la première réalisation de Kevin Trancheroen reprend l’intrigue et la structure de son modèle, tout en l’adaptant aux goûts de la nouvelle génération d’adolescents, à qui le film est destiné : les musiques et les chorégraphies disco ont été remplacées par des chorégraphies contemporaines (hip hop, free jazz) et une bande originale R’n’B, rap et soul ; des ingrédients qui sauront séduire la jeune génération tout en désolant les quadras qui se rabattront sur l’original. Le film de Trancheroen, à l’image de son aîné, offre de beaux rôles à de jeunes talents, mais, malgré un casting remarquable, les rôles principaux sont attribués aux deux acteurs les plus insignifiants et les moins charismatiques. Laissée au second plan, Naturi Naughton, qui interprète une pianiste classique désireuse de se lancer dans la chanson, doit attendre presque la fin du film pour dévoiler sa voix soul exceptionnelle, qu’elle travaille depuis l’âge de cinq ans dans les églises gospel de sa communauté. Pour les curieux qui souhaiteraient découvrir les vocalises de cette chanteuse à suivre, la BOF est disponible chez Universal Music.

Firouz-Elisabeth Pillet