A Genève et Lausanne
Genève et Lausanne : L’OSR & Bruckner

Novembre verra l’OSR poursuivre son exploration de Bruckner.

Article mis en ligne le novembre 2009
dernière modification le 27 novembre 2009

par Bernard HALTER

Marek Janowski et l’Orchestre de la Suisse Romande poursuivront leur exploration des oeuvres de Bruckner. La Symphonie n°8 en ut mineur, considérée comme la pièce maîtresse du legs du compositeur autrichien, sera à l’affiche à la fin du mois de novembre à Genève et à Lausanne.

Signataire en 2008 d’un enregistrement de l’ultime et visionnaire Neuvième symphonie, Marek Janowski s’attache à brosser le portrait du corpus orchestral brucknérien avec les dernières œuvres de l’Autrichien comme point de départ. La Huitième symphonie en ut mineur suit donc naturellement dans la liste ainsi parcourue, du moins pour les concerts. Pour ce qui touche aux enregistrements, la Sixième symphonie est sortie en août 2009, la Cinquième sortira en 2010 tandis que les séances d’enregistrements des mythiques Septième et Huitième se tiendront entre le printemps et l’été prochains (la Septième, puis la Huitième).

Orchestre de la Suisse Romande.
Photo Grégory Maillot

Une œuvre intimidante
La Vienne effervescente de jadis ne s’est pas toujours montrée prête à recevoir cette musique tournée vers l’avenir, granitique et si amplement développée. Eduard Hanslick, critique influent, a été un des détracteurs les plus virulents de la musique de Wagner et de ses épigones, auxquels Bruckner, à sa façon, appartenait. La faconde de Hanslick faillit suffire pour que les œuvres de ce dernier soient reléguées dans un oubli rédhibitoire. Le succès de la Septième symphonie, en 1883, donna une impulsion décisive pour la reconnaissance du compositeur. Porté par le succès de cette symphonie, Bruckner fit parvenir une copie de sa Huitième au chef Hermann Levi, qui avait dirigé la précédente à Munich en glanant un succès critique et public considérable. Hermann Levi refusa de créer la nouvelle œuvre, dont il estimait ne cerner que partiellement les proportions. Bruckner passa par une phase d’intense dépression, mais remit l’ouvrage sur le métier et y apporta quelques coupures, que valide la version Nowak retenue pour les deux concerts de l’OSR en novembre. La création eut finalement lieu le 18 décembre 1892 à Vienne sous la direction de Hans Richter. « Une victoire de la lumière sur l’obscurité », écrivit Hugo Wolf, qui assista à la première. La Huitième demeure et demeurera le monolithe incontournable pour tout amoureux des grandes fresques romantiques.

Nouveau CD
Comme deuxième volet de l’intégrale Bruckner, Marek Janowski et l’OSR présentent la Sixième Symphonie en la majeur (CD Pentatone PTC 5186 354). Méconnue, elle eut pourtant les faveurs du compositeur qui la considérait comme très aboutie. C’est même l’une des seules symphonies qu’il ne retoucha guère, contrairement à la plupart de ses œuvres. La discographie est abondante dans le cadre des intégrales. La vision proposée de cette œuvre est directe et rigoureuse. Elle est à découvrir comme le deuxième jalon d’une épopée discographique qui n’a pas fini de révéler ses richesses.

Bernard Halter

« Symphonie n°8 » de Bruckner. Location : www.osr.ch
Jeudi 26.11. à 20h00, Victoria Hall à Genève.
Vendredi 27.11. à 20h15, Théâtre de Beaulieu à Lausanne
.