Opéra de Montpellier - Le Corum
Montpellier : “Die Zauberflöte“

Belle reprise que cette Flûte enchantée, avec un excellent rendu musical.

Article mis en ligne le décembre 2009
dernière modification le 21 janvier 2010

par François JESTIN

Grand succès public pour cette Flûte enchantée, dans la production de Jean-Paul Scarpitta, déjà donnée en ouverture de saison il y a deux ans (voir SM n° 199).

Après un petit tour par le théâtre du Châtelet début octobre, cette série de représentations est supérieure aux soirées de 2007, à commencer par le rendu musical. Au contraire du chef Hervé Niquet, qui était d’une extrême rapidité à la limite de la brutalité, Lawrence Foster, directeur musical de l’Opéra de Montpellier, est plus délicat, mais reste précis et sait aussi varier les tempi, en laissant ainsi vivre et respirer la musique.
Le couple d’amoureux est remarquable : le très agréable ténor canadien Frédéric Antoun (Tamino), dans une ligne de chant superbement conduite, et la soprano Sandrine Piau, une Pamina rêvée à la musicalité parfaite, et aux piani aériens. On retrouve la Reine de la Nuit de Uran Urtnasan, qui maîtrise son deuxième air, mais manque de projection pour le reste de sa partition, ainsi que Petri Lindroos (Sarastro) dont le timbre manque d’un peu de profondeur. Nouveau Papageno de Detlef Roth, bon acteur mais le chanteur ne brûle pas les planches, et les rôles secondaires sont très correctement tenus, jusqu’aux trois garçons (dont deux filles cette année).

« La Flûte enchantée »
© Marc Ginot / Opéra National de Montpellier

Si les images proposées par Scarpitta sont très belles, le point à nouveau très discutable reste la version représentée. Pour rappel, les habituels dialogues parlés sont remplacés par des textes de liaison, à vocation pédagogique, et légère prétention philosophique par moments. Les non-germanophones et les amateurs d’œuvres courtes y gagnent (2 heures 15 minutes au total). Mais au-delà de certaines tirades qui peuvent prêter à sourire – dites pourtant de manière convaincante par les deux récitants – cette Flûte enchantée est un peu vidée de son mystère, voire de son enchantement. Très tôt dans le spectacle il est annoncé en effet que l’intrigue tourne autour d’un combat entre le Bien et le Mal, soit entre Sarastro et la Reine de la Nuit. Dommage, nous avons l’habitude, tels de grands enfants, de faire durer un peu plus le suspense, et de garder le doute un peu plus longtemps !

François Jestin

Mozart : DIE ZAUBERFLÖTE : le 18 octobre 2009 à l’Opéra de Montpellier – Le Corum