Opéra de Lyon
Lyon : “Don Giovanni“

L’Opéra de Lyon proposait une nouvelle production de Don Giovanni originale.

Article mis en ligne le décembre 2009
dernière modification le 21 janvier 2010

par François JESTIN

Adrian Noble, ancien directeur de la glorieuse Royal Shakespeare Company, achève brillamment sa trilogie Da Ponte sur la scène lyonnaise.

« Don Giovanni », avec Christina Daletska (Zerlina) et Markus Werba (Don Giovanni)
© Stofleth

Naturellement théâtrale, avec un jeu d’acteurs réglé comme du papier à musique, la nouvelle production de Don Giovanni fait également preuve d’originalité. Quatre cages métalliques avec escaliers extérieurs et échelles de secours situent l’action vraisemblablement à New-York dans la première partie du XXème siècle. Les épousailles de Zerlina et Masetto, quelque part à Little Italy, avec guirlandes lumineuses et drapeaux italiens et américains, confirment le lieu. Ce dispositif (décors de Tom Pye) permet de somptueux jeux de lumière (réglés par Jean Kalman), de fumées, ou de cache-cache.

Evidences
Certaines idées de la mise en scène paraissent comme des évidences : par exemple une Zerlina très entreprenante avec Don Giovanni, ou Anna, Elvira et Ottavio qui se démasquent ensemble, assez tôt dans le trio du même nom, et non plus chacun à son tour à l’appel de son nom. Lors de la sérénade du Don « Deh, vieni alla finestra », plusieurs charmantes jeunes filles apparaissent aux balcons, ou encore au cimetière la statue du Commandeur étend sa main consolatrice ou protectrice au-dessus de la tête de sa fille, pendant le « Non mi dir » de celle-ci.
Du point de vue musical, on est surpris par la sécheresse des premières mesures : le chef Christopher Moulds ne laisse pas traîner, avec un tempo très rapide en général. La distribution vocale est inégale, avec un Don Giovanni, tenu par Markus Werba, qui semble timide au départ, même si le physique est arrogant et provocateur, dans son costume blanc, et coiffé d’un borsalino. Il trouve ensuite plus de mordant à partir du « Fin ch’han dal vino ». Vito Priante (Leporello) est solide, sonore et expressif. Jacquelyn Wagner (Donna Anna) est le meilleur élément féminin, avec une projection appréciable, mais une italianità plus modeste.
Alexandrina Pendatchanska (Donna Elvira), musicale et agile, manque de puissance, et arrive en limite du caquètement lorsque le débit de paroles augmente. Le timbre de Christina Daletska (Zerlina) n’est pas assez joli pour le rôle, et le vibrato trop développé, tandis que Tomislav Lucic (Masetto) est bien chantant. Bon Commandeur de Andreas Bauer, alors qu’un petit voile est posé sur la voix de Andrew Kennedy (Don Ottavio), voix plus épaisse qu’habituellement pour le rôle, et qui fait de louables efforts de style (son deuxième air « Il mio tesoro » est toutefois coupé), avec de beaux piani.

François Jestin

Mozart : DON GIOVANNI : le 14 octobre 2009 à l’Opéra de Lyon