Palais de l’Athénée, Genève
Genève : Xe saison des Jeudis du Piano

Claire Haugrel nous parle des “Jeudis du Piano“ et des “Musicales de Compesières“.

Article mis en ligne le décembre 2009
dernière modification le 25 janvier 2010

par Catherine GRAF

Claire Haugrel a été administratrice de l’orchestre des Pays de Savoie, puis agent artistique. Aujourd’hui elle s’occupe de la Société des Arts, des jeudis du Piano et des Musicales de Compesières. Entretien.

Les Jeudis du Piano entrent dans leur dixième saison. Répondaient-ils à un besoin ?
Claire Haugrel : Sans doute, puisqu’ils connaissent un succès grandissant. C’est la rencontre entre les grands maîtres qui nous envoient les jeunes talents en qui ils croient, de jeunes virtuoses en début de carrière qui peuvent présenter un répertoire de leur choix avec seulement une œuvre imposée, un public passionné, et des sponsors qui ont permis la mise sur pied de deux prix : le prix du jury, qui récompense plutôt une maîtrise technique, et le prix du public, peut-être plus attaché à la qualité des émotions.

Pour que ce type de concert s’inscrive dans la durée d’une carrière, vous avez créé des partenariats.
Nous offrons aux lauréats non seulement des prix en argent, mais également la possibilité de se produire lors de 3 concerts grâce à nos partenaires : la Tribune des jeunes Musiciens de RSR-Espace 2, le festival Menuhin de Gstaad, le festival des Serres d’Auteuil de Paris, dont la responsable conduit un travail assez semblable au mien, le festival Piano de St.-Ursanne, les Nuits Musicales du Bourget du Lac...

Irène Veneziano

En dix ans, vous avez vu émerger des talents qui sont entrés depuis dans une belle carrière ?
Oui, et j’en suis très heureuse. Je pourrais vous citer Nicolas Stavy, Finghin Collins, Irene Veneziano, le Perse Nima Sarkechik qui remporta à la fois le prix du jury et celui du public, la Géorgienne Khatia Buriatishvili...

Le concert anniversaire des dix ans promet d’être flamboyant ...
Il aura lieu le 10 octobre 2010, avec les dix lauréats du jury des dix années des Jeudis du piano, et quatre pianos sur la scène du BFM ou de la salle Ernest Ansermet. Si le budget le permet, nous prévoyons que chaque pianiste soliste pourra être accompagné par un orchestre que nous engagerons pour l’occasion. Le programme devrait être les concertos pour 3 et pour 4 pianos de Bach, et le concerto pour 3 pianos de Mozart, suivis d’une fête musicale avec des œuvres pour piano à 4 mains, à 16 mains... Un grand dîner au Mandarin-Hôtel du Rhône devrait terminer cette belle soirée.

Les Musicales de Compesières ont également trouvé leur place. Quelles sont les spécificités de cette manifestation ?
Elle a lieu 3 week-ends par an, en novembre, en mars et en mai, soit 9 soirées. L’organisation est toujours la même : le vendredi soir de jeunes solistes, le samedi des solistes confirmés, et le dimanche de la musique d’oratorio. Nous aurons la chance en ouverture de saison d’avoir Adam Laloum qui a remporté le concours Clara Haskil, puis Patrick Fontana Rosa et l’acteur Alain Carré, inspirés par le magnifique texte d’Auguste Rodin à propos des bâtisseurs de cathédrales. Vous savez sans doute qu’il y a eu d’importantes fouilles dans la commune de Bardonnex, dont je suis par parenthèse originaire. L’église de Compesières offre un cadre et une acoustique de haute qualité. Lors des concerts, une grande tente à l’extérieur permet des moments de rencontre et de convivialité entre artistes et public qui prolongent agréablement les soirées.

Vous vous occupez également de la Société des Arts ...
Saviez-vous que cette société est la plus ancienne société culturelle de Suisse et qu’elle date de... 1776 ? L’idée de base : elle doit servir de tremplin aux jeunes artistes. Pour la classe des Beaux Arts, elle offre aux jeunes plasticiens à leur début de carrière une première exposition à la salle Jules Crosnier, avec catalogue et vernissage. Les Arts Appliqués sont également organisés en une classe qui travaille comme les sections des académies d’antan. Et pour la musique, il y a par bonheur dans ce Palais de l’Athénée le Steinway de la Salle des Abeilles.

Propos recueillis par Catherine Graf