David Greilsammer
Paris : Hommage à Nadia Boulanger

David Greilsammer participait à Pleyel à un Hommage à Nadia Boulanger.

Article mis en ligne le décembre 2009
dernière modification le 25 janvier 2010

par Christophe IMPERIALI

Le nouveau chef de l’Orchestre de Chambre de Genève continue de séduire Paris, depuis son piano. Les Parisiens n’ont pas oublié ce jeune pianiste à la folle audace qui avait osé, l’an dernier, jouer toutes les sonates de Mozart en six concerts, enchaînés en un seul jour.

Mais si Mozart est l’une de ses passions majeures, une autre est la découverte d’horizons nouveaux, et c’est sous ces auspices qu’il se produisait, ce vendredi 6 novembre, à la salle Pleyel. L’Orchestre Philharmonique de Radio France était dirigé par Steven Sloane dans un concert titré Hommage à Nadia Boulanger.

En guise d’hommage, le concert commençait par le Concerto pour orchestre de Leonard Bernstein et se concluait par Rhapsody in Blue de George Gershwin, histoire de nous rappeler la grande importance que Nadia Boulanger a eue pour toute une génération (ou deux) de compositeurs américains. Celle que Bernstein appelait « la reine de la musique » enseigna au Conservatoire franco-américain de Fontainebleau pendant près de 60 ans (de 1921 à sa mort, en 1979), comptant parmi ses étudiants, entre mille autres, Aaron Copland, George Gershwin, Walter Piston, Philip Glass ou Elliott Carter – sans parler de Jacques Ibert, Jean Françaix, Astor Piazzola, Pierre Henry, et j’en passe...

Mais avant de se consacrer à l’enseignement, Nadia Boulanger avait esquissé une carrière de compositrice, brutalement interrompue à la mort de sa sœur Lili, en 1918. Parmi les rares partitions qu’elle nous a laissées figure une Fantaisie (variée) pour piano et orchestre, créée à Berlin en 1913. C’est cette pièce que David Greilsammer ressuscite littéralement, puisque, semble-t-il, elle n’avait pas été rejouée depuis 1913. Et il a bien raison de le faire : c’est une œuvre d’une belle architecture, faisant preuve à la fois d’une grande maîtrise formelle et d’un lyrisme généreux. On ne peut que s’étonner que personne n’ait songé à la tirer des oubliettes jusqu’à présent.

Pour s’en convaincre, ceux qui n’étaient ni à la salle Pleyel ni à l’écoute de France musique, où le concert était diffusé en direct, auront à patienter un peu, mais leur patience sera récompensée, puisque David Greilsammer enregistrera prochainement cette Fantaisie chez Naïve, avec Rhapsody in Blue et le rare Deuxième Concerto d’Alexandre Tansman.

Christophe Imperiali