Opéra de Massy - Paris sud
Paris, Massy : “Closer, Steptext, Without“

Joli programme à l’opéra de Massy, avec Closer et Without de Benjamin Millepied et Steptext de William Forsythe.

Article mis en ligne le février 2010
dernière modification le 22 février 2010

par Stéphanie NEGRE

Principal dancer au New York City Ballet, Benjamin Millepied est aussi l’un des plus brillants chorégraphes néo-classiques actuels. En 2002, il fonde l’ensemble les Danses Concertantes qui réunit dix danseurs de l’American Ballet. Avec cette compagnie, il parcourt le monde pour présenter ses propres œuvres et celles de chorégraphes du répertoire américain comme Jérôme Robbins ou George Balanchine. Le 6 décembre 2009, les Danses Concertantes se sont arrêtées à l’opéra de Massy pour un programme de trois ballets, Closer et Without de Benjamin Millepied et Steptext de William Forsythe.

Avec Closer, Benjamin Millepied nous fait entrer dans l’intimité de deux êtres qui s’aiment. Sur une musique pour piano solo de Philip Glass, vêtu simplement de blanc et baigné par une douce lumière qui va du rose au mauve pour finir dans un bleu azur, le duo décline sous nos yeux la palette des sentiments de ceux qui connaissent un amour sans nuage. Celle-ci va de la douce tendresse quand la danseuse s’enroule autour de son partenaire, aux effusions passionnées et réciproques traduites par des portés extrêmement audacieux – rien n’arrête ceux qui s’aiment. Si parfois la solitude, la mélancolie viennent assombrir l’horizon, elles sont bien vite balayées par nos deux amoureux qui se retrouvent enlacés, encore plus forts, encore plus proches… Closer, quand l’amour de l’un se nourrit de l’amour de l’autre. Parenthèse enchantée, Closer nous montre l’harmonie d’un couple, et même si dans la vie cet état semble illusoire, même si l’on doute de la grâce de l’amour, quand les lumières s’éteignent sur les deux danseurs enlacés, j’ai à nouveau envie d’y croire.

« Closer », chorégraphie de Benjamin Millepied.
Photo Olivier Houeix

Forsythe et la déconstruction
Créée en 1985, Steptext est une des œuvres majeures de William Forsythe, dans laquelle il s’emploie à déconstruire le déroulement des enchaînements chorégraphiques classiques. Sur une chaconne de Bach elle aussi morcelée, les quatre danseurs se croisent, se figent, les pas de deux s’interrompent. Le chorégraphe américain pousse à l’extrême les pas classiques pour les intégrer dans son esthétique personnelle et les inscrire hors du temps. Œuvre à la beauté froide et abstraite, Steptext est une œuvre incontournable pour comprendre le travail de recherche artistique de William Forsythe.
Without montre la vie d’un microcosme, cinq garçons et cinq filles qui évoluent sous nos yeux, se rencontrent, se séparent, se retrouvent. Amitiés, amours, des histoires naissent et s’achèvent sous nos yeux. Puis le temps passe, les amis d’hier deviennent des étrangers ; les retrouvailles laissent souvent un goût amer et un sentiment de solitude encore plus cruel lorsque les souvenirs reviennent. Benjamin Millepied signe ici une œuvre pleine de réflexions sur les rencontres qui jalonnent notre vie en société. Annoncé par un titre paradoxal, Without est un ballet reflet de notre société avec sa part de légèreté et de liberté mais aussi de solitude et d’égoïsme.
Dans le cadre de son hommage à Jérôme Robbins qui aura lieu du 21 avril au 8 mai 2010 à Garnier, l’Opéra de Paris présentera Triade, une création de Benjamin Millepied sur une musique de Nico Muhly.

Stéphanie Nègre