Lausanne : Prix 2010 pour jeunes danseurs

Serait-ce l’effet Billy Elliot ? En tous cas, les garçons étaient nombreux au rendez-vous cette année...

Article mis en ligne le mars 2010
dernière modification le 28 août 2011

par Emmanuèle RUEGGER

La dernière semaine de janvier, Lausanne était pour la 38e fois la capitale de l’avenir de la danse classique. Plus de 220 jeunes danseurs et danseuses avaient envoyé leur vidéo. Et cette année il y a une petite sensation : il y a plus de garçons que de filles...

Ce n’est pas seulement le cas pour le Prix de Lausanne, affirment les directeurs des plus grandes écoles dans le monde. Serait-ce un effet Billy Elliot ? Les garçons qui ont vu le film enfants ont maintenant de 15 à 18 ans, l’âge requis pour participer au Prix.

L’Argentin Emanuel Cristian Amuchastegui

Préparatifs
Le comité artistique a choisi 81 vidéos sur les 226 reçues. Pour les jeunes danseurs sélectionnés commençait une grande aventure. Car le Prix de Lausanne, c’est une semaine de cours intensifs avec des professeurs de niveau international. Non seulement de danse académique mais aussi de “contemporain“. Outre leur variation classique, les candidats doivent aussi présenter une variation contemporaine. Cette année, ces variations étaient chorégraphiées par Cathy Marston, directrice du Ballet de Bern, et Christopher Wheeldon, du New York City Ballet. Tous les candidats ont travaillé leurs variations avec un coach. Ceux qui n’ont pas été sélectionnés pour la finale ont néanmoins fait une expérience enrichissante. Qui plus est, ils ont tous été auditionnés par les directeurs d’école et de compagnie présents à la finale.

L’Espagnol Francisco Mungamba Reina

20 jeunes danseurs et danseuses étaient conviés à la finale. La marée asiatique (14 jeunes artistes chinois et 16 japonais !) était bien représentée (8 danseurs et danseuses). Mais surtout, pour la première fois il y avait plus de garçons (ils étaient au nombre de 14, pour 6 filles). Sept bourses furent remportées, une bourse s’élevant à la somme de 16’000 francs suisses. Les lauréats peuvent choisir leur école.

Lauriers
Les lauréats sont Francisco Mungamba, Espagnol, un danseur noir, (il y en avait quatre cette année), Lewis Turner, Anglais, époustouflant dans la variation contemporaine, (il a reçu, en plus de la bourse, le prix de la meilleure variation contemporaine), Caitlin Stawaruk, Australienne qui a fait ses études de danse à Zurich, à la Tanz-Akademie, Christopher Evans, un jeune américain de 15 ans, Mariko Sasaki, Japonnaise, la seule Asiatique récompensée, Aaron Sharratt des USA et Emanuel Cristian Amuchastegui, Argentin, ces derniers provenant tous deux de l’école du Houston Ballet, dont la directrice était membre du jury. Il ne faut pas en tirer des conclusions hâtives. Ils étaient vraiment très bons.

L’Américain Aaron Sharratt

Surtout Emanuel. Son James bondissant (extrait de La sylphide) touchait à peine le sol. L’attribution du Prix de Lausanne à ce danseur, par ailleurs très attachant, est problématique pour une autre raison : il est de petite taille. Il a presque 19 ans et il est peu probable qu’il grandisse encore beaucoup. Il ne lui reste qu’une alternative, être soliste… mais il a démontré qu’il en avait les moyens. Il nous a confié qu’il désirait poursuivre sa formation en Europe.

Suisse
Une autre petite sensation consistait dans le fait que deux Suisses avait été sélectionnés sur vidéo, le Bâlois Philip Handschin de l’école de danse du Théâtre de Bâle et la Zurichoise Alexandra Valavanis de l’école de danse pour l’Opéra de Zurich. Le Bâlois a fait bonne figure, mais cela n’a pas suffi. Quand à la jeune Alexandra (15 ans) elle s’est faufilée jusqu’en finale où elle a obtenu le Prix du meilleur Suisse, avec une variation enjouée tirée du ballet Coppélia et un extrait exigeant de la chorégraphie Polyphonia de Christopher Wheeldon. Elle nous a confié son souhait d’aller continuer son apprentissage de la danse à Londres voire à New York.

La Japonaise Mariko Sasaki

Et maintenant voici une nouvelle importante pour tous les danseurs et danseuses en herbe romands qui désirent fréquenter une grande école : le Prix de Lausanne et la Fondation Leenaards organisent une nouvelle fois cette année un concours qui leur est réservé. Pour plus d’information voir le site www.tremplindanse.ch. Attention, le délai d’inscription est le 31 mars 2010.

Emmanuèle Rüegger