Film de mai 2007 : “The Namesake“

Ce film explore la difficulté de vivre entre deux cultures, entre deux mondes.

Article mis en ligne le mai 2007
dernière modification le 17 mai 2012

par Firouz Elisabeth PILLET

The Namesake


(Un nom pour un autre), de Mira Nair, avec Tabu, Irfan Khan. Etats-Unis, 2005.

Peu après leur mariage arrangé selon la pure tradition indienne, Ashoke et Ashima quittent Calcutta pour New York. Etrangers l’un à l’autre comme à ce nouveau pays, ils s’efforcent de s’adapter, de communiquer, de comprendre l’Altérité. Ashima donne bientôt naissance à un fils qu’Ashoke baptise du nom du célèbre auteur russe, Gogol. Toujours en référence à la tradition de leur pays, ce nom est le nom qui sera usité jusqu’à l’entrée du garçonnet à l’école. C’est compter sans la rigidité nord-américaine qui ne comporte pas ce cas de figure. Gogol sera donc contraint de rester Gogol à tout jamais, avec tous les sobriquets induits par ce nom lourd à porter.
Jeune Américain de la première génération, Gogol doit se forger sa propre identité entre ses racines bengalies et sa nationalité américaine. Attiré par le mode de vie qui fait son quotidien, il rejette ses origines et fréquente une jeune Américaine. De leur côté, Ashoke et Ashima s’accrochent à leurs traditions tout en respectant le choix de leur fils.
Pour Gogol, chaque situation provoque un choc entre les deux cultures dont il est issu, mais au-delà de ce que cela engendre de drôle ou de douloureux, le jeune homme finira par dépasser tout ce qui sépare pour découvrir ce qui réunit. Il découvrira l’importance existentielle du prénom que son père lui a choisi.

The Namesake

Un nom pour un autre est l’adaptation du roman The Namesake écrit par Jhumpa Lahiri, lauréat du Prix Pulitzer. Ce best-seller, premier roman de l’écrivain, a été publié en 2003. Fidèle autant que possible à l’histoire de Jhumpa Lahiri, Mira Nair a cependant apporté un seul changement majeur au personnage d’Ashima, en faisant d’elle une chanteuse, ce qui lui a permis d’intégrer au film la beauté et l’émotion de la musique indienne.
Coutumière de films à la croisée des cultures, Mira Nair a su développé les multiples facettes de cette trame, en explorant toute l’ambivalence des secondes générations, enfants d’émigrés. Transposée dans la communauté indienne des Etats-Unis, cette problématique conserve pleinement sa dimension universelle. Le projet était pourtant très ambitieux puisque Mira Nair relève le défi de dépeindre la chronique de la famille Ganguli qui s’étale, entre Calcutta et Bombay, entre deux mondes, et surtout sur trois décennies.
Jeter des ponts entre des cultures a priori opposées enthousiasme la réalisatrice qui planche actuellement sur son prochain long métrage, Shantaram, une nouvelle adaptation d’un roman et un voyage entre deux mondes, l’Australie et l’Inde. Puiser aux sources de ses origines reste toujours l’inspiration première pour Mira Nair, et pour notre plus grand bonheur !

F.-E. Houchi-Pillet