Musée d’Orsay : La forêt de Fontainebleau

Le but de l’exposition est d’appréhender le lien qui unit les artistes à la forêt de Fontainebleau, qu’ils soient peintres ou photographes.

Article mis en ligne le avril 2007
dernière modification le 19 octobre 2007

par Régine KOPP

Au vu des centaines d’œuvres peintes, dessinées, photographiées, inspirées par la forêt de Fontainebleau, de la fin du 18° siècle jusqu’au début du 20° siècle, l’exposition se propose d’inventorier les multiples raisons du succès du site.

Elle appréhende le lien qui unit les artistes à ce lieu, montrant ce que ce lieu avait à leur offrir, scrutant et analysant les multiples images qui en firent sa renommée. Une exposition magistralement conçue et réalisée par Chantal Georgel, commissaire de cette exposition, qui réussit une présentation harmonieuse.

Fouiller le visible
Au 18° siècle, le roi et sa cour venaient y chasser. Jean Baptiste Oudry (1686-1755) est un des premiers peintres à travailler en plein air. Il accueille le visiteur avec un tableau insolite, Bois bizarre d’un cerf pris par le roi (1743). A la fin du 18°siècle, on y rencontre d’autres artistes, Bruadet, pionnier de la peinture d’après nature, puis quelques années plus tard Bidault, Aligny et surtout Corot, de retour de Rome. En 1833, Théodore Rousseau s’installe à Barbizon et plante son chevalet dans cette nature si variée. Il « fouille le
visible », entraînant à sa suite Diaz, Troyon, Charles Jacque et Millet, toute une génération qui allait transformer l’art du paysage. Ils y traquaient le motif dans le monde végétal ou minéral. Ce sont ensuite les photographes qui les rejoindront, Le Gray, Cuvelier. Puis, autour de 1860, cette forêt attire les futurs impressionnistes, Renoir, Sisley, Bazille accompagné de Monet, qui viennent y faire leurs gammes. Occasion de redécouvrir Le déjeuner sur l’herbe de Monet, véritable manifeste de la vie moderne. Cette forêt qui constituait un atelier grandeur nature est aussi fréquenté par Redon, Seurat, Derain et Picasso en 1921.
Qu’est-ce qui a donc attiré les artistes ? C’est ce que le parcours de l’exposition tente de montrer, en prenant le parti de salles thématiques : une toile presque vierge, entre Suisse et Italie, un répertoire, l’homme absent, un lie qui tient lieu de tout, sonder le visible, le pavé de Chailly,une étape obligée, Picasso ; retour aux sources, un rêve de ferraille.

Lieu magique
Cette plongée au cœur de la forêt de Fontainebleau nous amène à comprendre comment, de par sa variété, on peut passer d’une sombre futaie à la clarté aveuglante des sables, ou des gorges et roches inquiétantes au spectacle d’une mare argentée. Elle est forêt réelle mais aussi imaginaire, évoquant alors pour les artistes la Grèce, la Judée, la pampa ou même la savane. C’est que cette forêt n’a cessé de nourrir l’art et le regard des artistes, leur offrant des motifs plus variés qu’ailleurs et susceptibles de nombreuses interprétations. Lieu magique et fort qui peut encore inspirer les artistes du 20° siècle comme c’est le cas de Tinguely qui a réalisé une œuvre de 22 mètres de haut, Cyclop, en collaboration avec Niki de Saint-Phalle et qui est évoquée en fin de parcours avec plusieurs dessins préparatoires.

Régine Kopp

Musée d’Orsay
Du 6 mars au 13 mai 2007
Tél : 00 33 1 40 49 48 14
(fermeture lundi)

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