Film de juillet 2007 : “Azul oscuro casi negro“

Daniel Sánchez Arévalo nous offre une véritable ode à la vie.

Article mis en ligne le juillet 2007
dernière modification le 4 mars 2012

par Firouz Elisabeth PILLET

Azul oscuro casi negro


de Daniel Sánchez Arévalo, avec Quim Gutiérrez, Marta Etura. Espagne, 2007.

Malgré un master de gestion, Jorge a dû reprendre le travail de concierge de son père handicapé et s’occuper de lui à plein temps. Son frère aîné, Antonio, purge une peine en prison. Natalia, la fille qu’il aime depuis l’enfance, est revenue vivre dans l’immeuble. Son meilleur ami, Israël, passe son temps à espionner les voisins, les faisant chanter par le biais des photos qu’il prend du toit de l’immeuble et découvre ainsi que son propre père fréquente le salon de massages coquins d’en face. Tout bascule pour Jorge quand Antonio, sorti de prison, lui demande un étrange service : mettre enceinte, à sa place, Paula, sa petite amie restée en prison afin qu’elle puisse être transférée dans la maternité de la prison, un lieu nettement plus accueillant que les cellules traditionnelles.

« Azul oscuro casi negro »

Le cinéma ibérique se porte à merveille et le film de Sánchez Arévalo vient nous conforter dans cette impression. Azul oscuro casi negro, le titre original du film, signifie en espagnol bleu nuit presque noir mais symbolise un état d’esprit, un avenir incertain. Diplômé d’un master en gestion (tiens, tiens, un petit air de déjà entendu…heureusement pour les cinéphiles, il n’a pas repris la conciergerie paternelle !), Daniel Sánchez Arévalo le réalisateur, a débuté sa carrière en écrivant des scénarios pour la télévision. Grâce à la bourse Fulbright, il passe un master de cinéma à l’université de la Columbia à New York, et réalise une douzaine de courts métrages qui seront présentés dans plusieurs festivals. Le succès de ses films lui a ensuite permis de se lancer dans la réalisation de son premier long métrage, Azul qui augure d’une longue série.

Malgré un synopsis que certains pourraient trouver pessimiste, le film s’avère une véritable ode à la vie. Les personnages luttent pour améliorer leur destin, et doivent apprendre à accepter leurs limites comme celles d’autrui. Comme le préconisait Boileau, chaque jour ils remettent l’ouvrage sur le métier car leur mémoire est courte. Aussitôt la leçon apprise, aussitôt ils rechutent dans les mêmes problèmes. Piégés dans un imbroglio qu’il leur paraît inextricable, ils finissent par franchir une frontière, devant se résoudre à choisir entre ce qu’ils veulent et ce qui leur vraiment indispensable pour être heureux. Et comme il se doit dans le cinéma espagnol, même la noirceur scintille.

Firouz-Elisabeth Houchi-Pillet