Zentrum Paul Klee, Berne
Berne : Les anges de Klee

Les anges descendent au Centre Paul Klee...

Article mis en ligne le 11 novembre 2012
dernière modification le 25 janvier 2013

Intéressante exposition que celle proposée par le Centre Paul Klee, du 27 octobre 2012 au 20 janvier 2013. En effet, elle permettra de (re) découvrir les anges réalisés par Paul Klee, accompagnés par les anges d’autres artistes, tels ceux de Karl Valentin ou de Charlie Chaplin, ceux de Joseph Beuys et de Wim Wenders, et quantité d’autres encore.

Les anges de Klee

et des anges de Karl Valentin, Charlie Chaplin, Friedrich Wilhelm Murnau, Ralph Eugene Meatyard, Duane Michals, Francesca Woodman, Joseph Beuys, Wim Wenders, Pierre et Gilles, Mariko Mori, Jakob Gautel & Jason Karaïndros, Mark Wallinger, Rosemary Laing, Bill Plympton, Sun Yuan & Peng Yu, Eija-Liisa Ahtila.

Les anges de Paul Klee font aujourd’hui partie de ses œuvres les plus appréciées. Ils fascinent non seulement les amateurs d’art, mais ont aussi beaucoup gagné en popularité pour leur rôle d’aides poétiques dans notre quotidien. En tant qu’hybride ailé, mi-homme mi-messager du ciel, les anges représentent une forme transitoire entre existence terrestre et existence surnaturelle de l’au-delà qui convient aussi bien au scepticisme moderne qu’à notre besoin de spiritualité. Loin d’être simplement des créatures célestes parfaites, les anges ont leurs petits défauts, ils sont oublieux ou laids, inquiets ou enjoués. Il n’est pas rare de les voir se rapprocher de figures démoniaques qui ont pour nom Lucifer, Méphisto ou « Chindlifrässer » (ogre) et sont issues de l’imaginaire chrétien, de la mythologie, de la littérature ou encore du théâtre populaire.

Les œuvres de Klee sont complétées par des images d’anges qui apparaissent dans des films, vidéos et photographies de différents artistes des années 1910 à l’époque contemporaine, époque qui couvre l’apparition des premiers anges de Klee jusqu’à aujourd’hui. Dans l’art photographique et la vidéo, un net regain d’intérêt peut être constaté depuis les années 1960 pour les thèmes spirituels, les événements irrationnels, les miracles et les phénomènes surnaturels. Comme chez Klee, l’ange apparaît ici comme un frontalier navigant entre deux mondes, entre la réalité et l’imagination métaphysique, et en tant que tel, il ne perd à aucun moment de son actualité. Affranchi des contraintes représentatives de l’art sacré et de l’iconographie classique, le rétablissement de ce motif ancré dans l’histoire de l’art a généré de nouvelles apparences formelles des anges. Et surtout, un abolissement des frontières supposément nettes s’est opéré entre les êtres célestes et diaboliques, humains et surnaturels, bons et maléfiques. L’ange devient une métaphore de l’ambiguïté – voire de la contradiction – de tout ce qui est humain.

Jusqu’au 20 janvier 2013.