Musée des beaux-arts de Berne
Berne : les étincelles de Meret

Au Musée des beaux-arts : Liberté artistique, aujourd’hui comme hier...

Article mis en ligne le 28 novembre 2012
dernière modification le 11 février 2013

Le Musée des Beaux-Arts de Berne inaugure une série d’hommages à Meret Oppenheim qui se poursuivra à Vienne et Berlin en 2013, année du centenaire de la naissance de l’artiste. A Berne, place à la quête de l’héritage laissé par l’art et la pensée de Meret Oppenheim, avec un dialogue entre des œuvres de cet artiste et des peintures et sculptures de cinq jeunes créateurs suisses : Maya Bringolf, Vidya Gastaldon, Tatjana Gerhard, Elisabeth Llach, et Francisco Sierra.

L’exposition interroge la stature internationale de de l’admirable artiste surréaliste d’origine suisse Meret Oppenheim ainsi que son influence sur la jeune création suisse, montrant ainsi que son œuvre n’a rien perdu de sa vitalité, de son actualité et de sa force expressive.

Fidèle à elle-même
Jeune artiste installée à Paris, Meret Oppenheim fréquenta le milieu surréaliste. Ce mouvement, qui fit l’objet de vives controverses, fut pour elle le champ d’expérimentation d’une liberté d’expression artistique qui lui permit de nourrir ses œuvres de ses propres expériences existentielles et des théories de C. G. Jung.
S’intéresser à Meret Oppenheim, c’est aller à la rencontre d’une personnalité fascinante et d’une œuvre d’une grande profondeur. C’est comprendre que tout ce qui est devenu habituel dans l’art contemporain – mélange des disciplines, diversité des thèmes et des formes, multiplicité des techniques et des matériaux – était déjà présent dans son œuvre. Elle s’était également donné la liberté de se tourner en permanence vers de nouveaux langages visuels.
Meret Oppenheim s’est donc montrée fidèle d’abord et avant tout à elle-même. Son dynamisme et son autodétermination intellectuelles et artistiques n’ont cessé de prendre valeur de modèles, sans qu’elle ait jamais eu elle-même le dessein de devenir un modèle.

L’absurde, l’irrationnel, l’onirique
Le surréel traverse tel un fil rouge les œuvres de Maya Bringolf, Vidya Gastaldon, Tatjana Gerhard, Elisabeth Llach et Francisco Sierra, qui tous se préoccupent d’absurde, d’irrationnel et d’onirique. Ces jeunes artistes suisses pourraient être les arrière-petits-enfants de Meret Oppenheim et pourtant ils utilisent les mêmes médiums et les mêmes matériaux qu’elle et ils s’emparent de motifs et de thématiques semblables aux siens. Comme elle, ils s’intéressent aux réalités déviantes qui se cachent derrière les apparences du quotidien, à la spiritualité, à la relation de l’être humain contemporain avec la nature, à l’impulsion créatrice, à l’ancrage identitaire et aux processus mentaux qui échappent à la logique de l’ordinaire.

Il n’est pas jusqu’à la diversité des thèmes et des univers représentés qui ne réponde à celle de leur célèbre prédécesseur : de l’apparente naïveté enfantine qui se dégage de certaines œuvres à l’érotisme insondable et sombre qui règne dans d’autres. Comme elle, ils expriment des positions critiques même si elles se parent des atours poétiques des œuvres. Tous les univers qu’ils mettent en scène s’affirment comme des réponses à l’époque dans laquelle nous vivons.

Installations, peintures et sculptures créées par les jeunes artistes suisses spécialement pour l’exposition occupent les six salles de l’exposition. Le dialogue du « classique » avec le contemporain qu’elle propose invite une fois encore à considérer sous un nouveau jour l’œuvre de Meret Oppenheim qui, en retour, aiguise notre regard sur les surréalismes d’aujourd’hui.

Jusqu’au 10 février 2013