Palais Strozzi, Florence
Florence : Francis Bacon

Francis Bacon et la condition existentielle dans l’art contemporain.

Article mis en ligne le 13 décembre 2012
dernière modification le 5 décembre 2012

Cette exposition présente des artistes contemporains qui examinent au moyen de leurs créations l’actuel état d’esprit de la société. Leurs travaux explorent le type de questions que l’Homme se pose en relation avec son propre état d’esprit, son corps et le monde extérieur.

Le cœur de l’exposition est constitué de peintures de Francis Bacon (1909-1992), qui dialoguent avec les œuvres de cinq artistes contemporains de renommée internationale : Nathalie Djurberg, Adrian Ghenie, Arcangelo Sassolino, Chiharu Shiota et Annegret Soltau.

Ces artistes partagent la réflexion de Bacon sur la condition existentielle de l’être humain et sur la représentation de la figure humaine. Les peintures de Bacon côtoient une sélection de matériel photographique et de photocopie provenant des archives de l’artiste : portraits photographiques, reproduction de chefs-d’œuvre du passé, images de livres et de magazines. Ce matériel, que Bacon utilisait comme un outil lorsqu’il créait ses œuvres, est présenté grâce à la coopération de la Dublin City Gallery The Hugh Lane, qui a acquis en 1998 une reconstitution authentique et parfaitement préservée du dernier atelier londonien de l’artiste.

Adrian Ghenie, « Pie Fight Interior » (Intérieur Combat de Tarte), 2012
Huile sur toile, 208.9 x 161.2 cm. Courtesy of the artiste and The Pace Gallery

Son mélange de figuratif et d’abstrait, ses corps transfigurés, ses références à des éléments autobiographiques, son utilisation d’une variété de sources iconographiques différentes comme métaphores de la vie humaine peuvent également être trouvés comme des aspects cruciaux du travail des cinq artistes contemporains qui dialoguent avec Bacon dans le but de déclencher une réflexion existentielle sur la manière de vivre contemporaine.

Adrian Ghenie (Roumanie, 1977) crée des peintures dans lesquels il mêle des images personnels ou des images qui sont emblématiques de l’histoire récente, en creusant dans des sources aussi variées que des catalogues, des livres d’histoire, des images fixes de films ou des images découvertes sur internet. Ghenie explore la représentation de l’être humain, qu’il agresse presque, spécialement autour du visage, le symbole de la personne.

Chiharu Shiota, installation spécifique pour l’exposition
© Martino Margueri

Dans ses installations, Chiharu Shiota (Japon, 1972) semble traduire les états émotionnels et les réflexions existentielles dans un plan tri-dimensionnel, évoquant des questions telles que la mémoire et les rêves, des éléments autobiographiques et traces d’un passé, qui prennent une forme évocative, collective, physique.

Nathalie Djurberg (Suède, 1978) travaille avec de l’argile et de la pâte à modeler pour créer les environnements et les formes symboliques et dérangeants qui peuplent ses installations et son animation vidéo. Djurberg soulève des doutes existentiels et pose des questions existentiels changeant entre vie et mort, peur et désir, et se déplaçant entre entre tabous troublants et facettes complexes de la condition humaine, comme vulnérabilité, solitude, sexualité et mort.

Nathalie Djurberg « Turn into Me », 2008.
Clay animation, video, 7’10’’. musique de Hans Berg. Courtesy of the artiste and Fondazione Prada, Milano

Arcangelo Sassolino (Italie, 1967) crée des installations dans lesquels des systèmes mécaniques explorent les effets causés par des forces extrêmes. Son travail nous montre la formation et la rapidité des choses dans leur aspect essentiel, rejetant déliberement le recours explicite à la métaphore. Ce sont des avertissements, décrivant l’incapacité de l’homme à aller au-delà de l’espérance d’un événement, ou vice-versa, au-delà de sa fin.

De 1970 à aujourd’hui, Annegret Soltau (Allemagne, 1946) Travaille sur le thème du corps et de l’identité au moyen de performances, de l’art vidéo et de la photographie. L’expérimentation avec la photographie atteint son sommet avec les “photo sewings“, dans lesquelles le visage de l’artiste ou des fragments de différents visages sont entrecroisés avec un fin fil noir. Les blessures, contractions et fragmentation de ses visages et corps sont transformés en un outil pour refléter la représentation et l’expression de la condition existentielle humaine.

Jusqu’au 27 janvier 2013