Musée Rath, Genève
Genève : Fascination du Liban

Soixante siècles d’histoire de religions, d’art et d’archéologie...

Article mis en ligne le 13 décembre 2012
dernière modification le 2 avril 2013

L’exposition hivernale du musée Rath, « Fascination du Liban », propose d’explorer les multiples facettes de la relation développée au fil du temps entre les Libanais, le Divin et l’Au-delà. Grâce à une collaboration exceptionnelle avec le Musée National de Beyrouth, cette exposition dévoile une sélection de quelque 350 objets archéologiques et œuvres d’art, encore jamais exposés en Europe.

Des rites funéraires de l’Âge du bronze à Byblos à la conquête arabe en passant par l’avènement du christianisme et de l’islam, la présentation révèle la richesse des collections, souvent inédites, préservées au Liban : sarcophages monumentaux, mosaïques byzantines, stèles, statues votives, , icônes ou encore manuscrits melkites.

Lieu de passage et de commerce incontournable entre Orient et Occident, le Liban fascine par son histoire ancienne à la croisée des grandes civilisations de l’Antiquité.
Terreau du polythéisme pendant plusieurs siècles, le Liban s’est orienté vers un monothéisme riche en nuances avec l’avènement du christianisme. À partir de 638, la conquête arabe apporte son propre vocabulaire architectural et artistique. En coexistence pacifique, christianisme et islam se déclinent ainsi par les créateurs et les artistes jusqu’à l’époque moderne.

C’est cette histoire passionnante que l’exposition « Fascination du Liban » se propose de raconter. Un événement unique en Suisse qui s’appuie en bonne partie sur les collections du Musée national de Beyrouth et qui présente une sélection de 350 objets archéologiques, dont une série de sarcophages encore jamais exposés. Cet ensemble est prolongé par une sélection originale de clichés anciens, illustrant l’architecture mamelouke de la ville de Tripoli ainsi que de nombreux autres sites libanais. Réalisés par le savant genevois Max van Berchem, pionnier de l’épigraphie et de l’archéologie, ils illustrent l’engagement de Genève depuis de nombreuses années pour la documentation et l’étude du patrimoine proche-oriental.

Points forts de l’exposition

-  Les mosaïques de Chhîm :
Avant la guerre du Liban, d’importantes fouilles archéologiques avaient mis au jour un site comprenant un temple romain, ainsi qu’une basilique et deux huileries byzantines. Dès 1994, les travaux ont repris et l’exposition peut ainsi présenter trois mosaïques de pavement de la basilique byzantine : deux oiseaux affrontés de chaque côté d’un canthare (vase à vin), provenant de l’entrée, deux antilopes affrontées de chaque côté d’un calice, provenant de la nef principale, et enfin une magnifique lionne qui ornait le sol de l’abside. Ces œuvres ont probablement été réalisées au VIe siècle ; de grande qualité artistique, elles montrent la vitalité de ce centre religieux pourtant bien éloigné des centres urbains.

- Le sarcophage du Jugement d’Oreste
Ce sarcophage s’inscrit dans la continuité gréco-romaine. La défunte, allongée sur le couvercle du sarcophage en forme de kliné, domine une composition finement sculptée représentant Oreste affrontant ses juges, pour le meurtre de sa mère Clytemnestre et de son amant Égisthe, tous deux coupables d’avoir tué son père Agamemnon. Si les personnages représentés sur le sarcophage trahissent une influence attique marquée, l’ensemble est une création profondément originale.

- Figurine en calcaire provenant de Sidon. Âge du bronze moyen (1 800-1 500 av. J.-C.)
Cette petite figurine en calcaire, de près de 10 cm de hauteur et de 5,3 cm de largeur a été révélée en 2010 dans un contexte daté de l’Âge du bronze moyen. La partie inférieure de la figurine manque et des traces de peinture rouge apparaissent sur ses épaules. Cette statuette est remarquable de simplicité : les bras sont repliés sur le buste en signe de dévotion et le visage, de forme triangulaire, semble rattaché au corps en l’absence de cou. Les traits stylisés du visage mettent en valeur les yeux, les sourcils et le nez.

Jusqu’au 31 mars 2013

Fermeture de fin d’année : 25 décembre 2012 et 1er janvier 2013.
Fermé le lundi