Fundación Mapfre, Madrid
Madrid : Bohèmes

Après Paris, la bohème touche Madrid...

Article mis en ligne le 5 février 2013
dernière modification le 9 mai 2013

Après avoir occupé le Grand Palais du 26 septembre 2012 au 14 janvier 2013, l’exposition Bohèmes sera présentée à Madrid, à la Fondation Mapfre, du 6 février au 5 mai 2013.

Chantée, filmée, versifiée, exaltée, cent fois déclarée morte et toujours renaissante, la « bohème » fait partie des mythes modernes. Née au milieu du XIXe siècle, entre Romantisme et Réalisme, elle accompagne une profonde transformation du statut de l’artiste. Désormais, le jeune talent ne se place plus sous la protection de quelque prince : il est ce génie solitaire, misérable et incompris qui anticipe les convulsions de la société.

Des poètes (Baudelaire, Rimbaud, Verlaine...), aux artistes (Courbet, Van Gogh, Satie, Picasso...) nombreux sont les grands hérauts de la modernité qui ont donné un visage à ce phénomène. Rebelles à toute convention, batteurs de pavé, mangeurs de vache enragée, amateurs de femmes et de boissons, ils ont, pour des générations d’apprentis artistes, allumé le rêve d’une gloire rédemptrice, qui ne se gagne qu’au risque de l’oubli et de la mort. À travers la littérature et la presse, le théâtre et l’opéra, la bohème a très vite acquis une popularité immense ; elle a pénétré l’imaginaire collectif, et lié à jamais l’image de Paris au Quartier latin et à Montmartre.

Servie par une scénographie de Robert Carsen, Bohèmes est une exposition à vivre comme une expérience. Sur le parcours que le visiteur emprunte dès l’entrée, on traverse les siècles et croise les représentations les plus pittoresques du peuple errant. Puis on entre dans l’univers du peintre - sa mansarde, son atelier, ses refuges - pour ensuite se trouver comme dégrisé devant l’inauguration de la salle tsigane à l’exposition Art dégénéré de Munich, en 1937.

À travers un voyage de cinq siècles et une quinzaine de thèmes, Bohèmes éclaire un phénomène qui, de Léonard à Picasso, traverse toute l’histoire des arts et des sociétés, et résonne encore dans notre monde contemporain. Comme l’opéra de Puccini, cette exposition se veut un grand rendez-vous populaire, mêlant la fantaisie et la gravité, le spectacle et la mélancolie, la misère et la gloire.

Du 6 février au 5 mai 2013