Espace De Andrés-Missirlian
Romainmôtier : Anne Peverelli

Les dessins d’Anne Peverelli à l’Espace De Andrés-Missirlian

Article mis en ligne le 24 mars 2013
dernière modification le 25 mai 2013

Sous l’intitulé Suite romainmonastérienne, les œuvres d’Anne Peverelli sont exposées à Romainmôtier jusqu’au 19 mai.

Le dessin est au cœur du travail d’Anne Peverelli. A la manière des recueils de pièces de musique ancienne, elle met à disposition de ses interprètes des ensembles de feuillets dessinés parmi lesquels un choix a été effectué. Un choix pour Romainmôtier.

Présenté sous forme de frise constituée de feuilles de format A4 vertical, ce choix de dessins accrochés serrés a été intitulé, tout naturellement, Suite romainmonastérienne. Une « Suite » à la manière dont la postérité a intitulé, par exemple, les Suites françaises ou anglaises de Jean-Sébastien Bach.

Anne Peverelli pratique le dessin pleinement, comme un genre majeur, malgré la modestie de ses supports. Les papiers utilisés sont sans prétention, parfois même défraîchis. Ils sont récupérés dans des lots de provenance incertaine. Elle renonce ainsi à la blancheur ou à la couleur d’un papier noble. Le dessin le magnifie, l’instaure dans le champ de l’imaginaire, en le rehaussant, l’imprégnant, le parant. En retour, le grain du papier s’anime et réagit parfois en légères ondulations. Les techniques sont hétéroclites : crayon, huile, laque, tipp-ex, acrylique, gouache, néo-color, aquarelle, etc. jamais mélangées, et toujours usant d’une seule couleur, de préférence sobre, naturelle, ocre, terre, gris, en applications légères, sans stridences, ni acidités.

Les thèmes sont abstraits : points, lignes, plages, taches, réseaux, grilles, coulures, tracés, voiles, qui échappant le plus souvent à la rigueur géométrique et sont emprunts de ductilités organiques favorisant les approches sensuelles et les déambulations poétiques. L’artiste se laisse inspirer, spontanément, à la source de son geste, par des rencontres fortuites de motifs qui viennent à elle, de-ci, de-là. Elle ne tente jamais de les reproduire, mais les repère comme des points de départ de son aventure imaginaire qu’elle nous invite à accompagner du regard.

A voir jusqu’au 19 mai.