Jeu de Paume
Paris : Ahlam Shibli

Photographie documentaire au Jeu de Paume

Article mis en ligne le 2 juin 2013
dernière modification le 4 septembre 2013

En continuité avec sa politique de programmation, le Jeu de Paume propose une nouvelle exposition de photographie documentaire qui offre à voir le travail d’Ahlam Shibli (née en 1970 en Palestine), sous l’intitulé « Phantom Home » [Foyer Fantôme].

Le travail photographique d’Ahlam Shibli recourt à l’esthétique documentaire pour explorer les contradictions inhérentes à la notion de chez-soi. Il traite de la perte de la terre et de la lutte contre cette expropriation, mais aussi des restrictions et des limitations que l’idée de terre impose aux individus et aux groupes touchés par une politique identitaire répressive. Parmi les lieux marqués par cette problématique, on citera les territoires palestiniens occupés.

Son œuvre est constituée de récits interrompus, de fragments, d’ellipses, qui obstruent le regard du spectateur et l’obligent à renégocier la relation entre l’image et son référent, en d’autres termes, entre l’esthétique et la politique.

Cette première exposition à Paris d’Ahlam Shibli présente une sélection d’œuvres réalisées en Europe ou au Moyen-Orient depuis 2004. Ses images sont ancrées dans l’actualité, non dans l’urgence d’un témoignage, mais dans la nécessité de réinventer une distance critique avec la transformation profonde du regard subjectif.

Par exemple, la série « Trackers » (2005) montre les Palestiniens d’origine bédouine qui ont servi, ou servent encore, comme volontaires dans l’armée israélienne. Ce travail est une recherche sur le prix qu’une minorité est obligée de payer à une majorité, pour être acceptée ou pour survivre, ou peut-être tout à la fois.

La série « Dom Dziecka » (2008) a été réalisée dans onze orphelinats polonais (dom dziecka, en polonais) où sont dévoilées les conditions de vie d’enfants qui grandissent non pas au sein d’une famille mais dans un centre d’accueil. La cellule familiale classique fait place ici à une société d’enfants où les relations familiales habituelles sont à la fois remplacées et déplacées pour former un corps social nouveau et spécifique.

Jusqu’au 1er septembre 2013