Marseille, capitale européenne de la culture
Marseille-Provence 2013

Marseille Provence aux mille visages

Article mis en ligne le 6 octobre 2013
dernière modification le 20 janvier 2014

Les manifestations continuent dans le cadre de « Marseille-Provence 2013 - capitale européenne de la culture » et, de septembre à décembre, il est rendu hommage aux grands figures méditerranéennes : Averroès, César ou Le Corbusier. Coup de projecteur sur quelques expositions à découvrir.

Le Corbusier et la question du brutalisme
Jusqu’au 22 décembre 2013, cette exposition investit le J1, vaste espace ouvert sur la mer. Le symbole est double : celui du rapport à la mer Méditerranée comme « terre nourricière » et dont les réalisations de l’architecte portent la trace, celui de l’univers des grands bateaux et dont l’Unité d’Habitation de Marseille témoigne.

Appelée Cité radieuse, cette réalisation marque le début de la notoriété internationale de Le Corbusier comme concepteur de projets à grande échelle avec une esthétique qui va durablement impacter l’histoire de l’architecture de la seconde moitié du XXe siècle. Initiateur de l’esthétique dite du « brutalisme », il associe autour de l’architecture l’ensemble du champ des arts plastiques. Au J1, tableaux, lithographies, etc., ainsi que des images fixes ou animées, illustrent la « synthèse des arts » chère à cet artiste complet.

Créer pour résister – Bellmer, Ernst, Springer et Wolfs au Camp des Milles
A Aix-en-Provence, jusqu’au 15 décembre 2013, une exposition se penche sur les œuvres créées entre septembre 1939 et juillet au Camp des Milles par les artistes les plus connus ayant séjourné dans ce lieu - Hans Bellmer, Max Ernst, Ferdinand Springer et Wols - des œuvres constituant un acte de résistance intellectuelle et morale à la situation politique, mais également aux conditions de vie extrêmement difficiles imposées aux internés.

Hans Op de Beeck, Sea of Tranquillity
Le FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur, à Marseille, propose jusqu’au 22 décembre 2013 un projet d’exposition autour d’un vaisseau fictif baptisé Sea of Tranquillity. matériellement présent dans une version sculptée. Ce bateau imaginaire est accompagné de sculptures de personnages et de paysages. Un court-métrage mêlant acteurs réels et environnement 3D plonge virtuellement le spectateur dans l’antre de ce paquebot étrange et menaçant. Une série d’aquarelles en noir et blanc installe le récit, une scénographie de la mémoire, un voyage immersif dédié à cette énigmatique légende flottante.

Memory of Trees , Kathryn Cook
Jusqu’au 18 novembre 2013, au MuCEM (Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée), Kathryn Cook, photographe de l’Agence Vu, réalise un travail sur la mémoire de l’histoire arménienne de 1915 à nos jours, des villages arméniens aux quartiers marseillais. Elle confronte les archives historiques aux quelques traces qui subsistent. Au-delà du témoignage, elle nous livre un regard poétique.

Mare-Mater , Patrick Zachmann
Sujet d’actualité au MuCEM, du 29 novembre 2013 au 18 janvier 2014. Par le biais de vidéos et de photographies, Patrick Zachmann, membre de Magnum Photos, confronte sa propre histoire familiale à celles des migrants d’aujourd’hui. Il aborde en particulier leur rapport à la mer / mère, celle qu’ils traversent et celle qu’ils quittent.

César à Marseille
Jusqu’au 5 janvier 2014, le Musée Cantini présente l’ensemble historique des œuvres de César issu des collections des musées de Marseille. Sculpteur, curieux des matériaux les plus divers, César a développé une œuvre puisant dans les procédés de la sculpture classique et de la modernité du XXe siècle, tout en inventant des techniques qui lui sont propres. Bronzes soudés, expansions, compressions, empreintes humaines... Hommage rendu au sculpteur natif de la Belle de Mai.

Le Noir et le Bleu. Un rêve méditerranéen
Jusqu’au 6 janvier 2014, le MuCEM propose une exposition faite de récits révélant la diversité des représentations de la Méditerranée, riche d’œuvres, d’archives, de films et autres documents.

Son thème : Le Noir et le Bleu, ce qui fait civilisation et ce qui la nie, les Lumières et leurs ombres. Toute la subtilité du parcours d’exposition réside dans cette tension. Ce voyage à travers le temps, depuis le XVIIIe siècle – prélude au rêve de Bonaparte en Égypte –, opère un renversement des regards pour interroger le(s) rêve(s) de l’autre rive.