Musée des Beaux-Arts, Berne
Berne : Germaine Richier

Une artiste mue par la passion de l’humain.

Article mis en ligne le 8 décembre 2013
dernière modification le 7 avril 2014

par Viviane Vuilleumier

Germaine Richier (1902-1959) figure parmi les sculpteurs les plus renommés du XXe siècle et peut être considérée comme une artiste hors norme. Cinquante-cinq années après l’exposition qui lui a été consacrée par la Kunsthalle, le Musée des Beaux-Arts de Berne présente la première exposition rétrospective de l’artiste en Suisse.

Toute son œuvre est consacrée à l’être humain et à son désir de lui donner une forme plastique appropriée. Germaine Richier déclara d’ailleurs un jour : « Seul l’humain compte ».

Germaine Richier fut, à Paris, l’élève d’Émile-Antoine Bourdelle et se forma à la tradition de la sculpture figurative ; elle suivit un parcours artistique singulier, dont l’originalité et la diversité rendent difficiles, aujourd’hui encore, la classification de son œuvre dans un courant précis. Tout d’abord associée au mouvement de la philosophie existentialiste, comme Alberto Giacometti avec qui elle étudia chez Bourdelle – en témoignent ses figures scarifiées d’entailles, privées de toute sécurité existentielle et inscrites dans des armatures de fils métalliques. Germaine Richier réalisa également des créatures hybrides mêlant formes humaines et animales qui soulignent sa forte identification à la nature ; il est vrai que la sensibilité écologique de l’artiste, nourrie des mythes et des histoires de sa région natale, était reconnue.

Germaine Richier a connu une reconnaissance précoce, ce qui a fait d’elle l’une des premières sculptrices à jouir d’un succès international. Mais elle resta toujours étroitement liée à la Suisse. Elle fit la connaissance de son premier mari, le Zurichois Otto Charles Bänninger, dans l’atelier de Bourdelle. Dès 1939, elle reste avec Bänninger à Zurich où elle retrouve Alberto Giacometti, Marino Marini, Hans Arp, Le Corbusier et Fritz Wotruba avec lesquels elle participe à des expositions communes et entretient des échanges intenses. En 1946, elle rentre à Paris, mais continue à faire des allers-retours entre Paris et Zurich pendant quelques années durant lesquelles elle prend de nombreux élèves suisses. Dès 1945, ses travaux furent exposés à la Kunsthalle Bern, avec ceux de Marino Marini et Fritz Wotruba ; en 1958, un an avant sa mort, une exposition individuelle lui fut consacrée dans le même lieu, avec ses dernières sculptures.

A travers une soixantaine de sculptures, l’exposition du Musée des Beaux-Arts de Berne propose un panorama organisé par thèmes de l’œuvre de Richier dans toutes ses dimensions. Des œuvres « invitées » appartenant aux collections du Musée des Beaux-Arts de Berne et de la Kunsthalle de Mannheim (deuxième étape de l’exposition) ont en outre été intégrées à l’exposition afin d’élargir l’horizon des questions posées par l’œuvre magistral de Richier.

Jusqu’au 6 avril 2014