Galerie Anton Meier Genève
Genève : Gaspare O. Melcher

Collages

Article mis en ligne le 9 décembre 2013

La Galerie Anton Meier présente la suite Hommages réalisée par Gaspare O. Melcher, une suite qui montre bien toute l’originalité dont témoigne l’artiste dans la pratique du collage.

Gaspare O. Melcher « Veronica », 1994
Collage on canvas, 125x150 cm

L’artiste instille avec bonheur dans ses œuvres la cohérence d’un langage plastique qu’il a élaboré au fil des années, et qui se voit du même coup renouvelé. C’est en effet durant l’été 1990 que Melcher entame, parallèlement à sa production picturale, une série de collages de grand format. Pour ce faire, il commence par déchirer des bandes dessinées – des Fumetti –, en mille morceaux. Agissant un peu comme un somnambule, il colle méticuleusement ces minuscules lambeaux de papier directement sur la toile préparée, sans modèle dessiné, d’une manière qui n’est pas sans rappeler l’écriture automatique. Il en résulte des tableaux d’une inquiétante profondeur, des compositions à l’intérieur desquelles on peut se déplacer comme avec un vaisseau spatial à travers le chaos de l’univers. Si l’on observe plus longuement ces œuvres, on voit surgir sans cesse de nouveaux espaces, et simultanément, des figures géantes, qui paraissent errer, tels des fantômes, à la surface.

Gaspare O. Melcher « Hommage à J.T. », 2012
Collage on canvas, 95 x 95 cm

Gaspare O. Melcher a réalisé assez rapidement une douzaine de ces collages, tous de grands formats (125 x 150 cm), auxquels il a donné le nom de Veronica. A la fin des années 90, l’artiste revient aux collages, réalisés selon la même technique mais dans un format plus petit (95 x 95 cm).

Ces dernières années, Melcher a réalisé une nouvelle série de neuf collages, intitulée Hommages. Chaque collage est dédié à un artiste auquel il se sent lié ou redevable d’une manière ou d’une autre. Trois d’entre eux vont devenir des amis durant la période où il vit à Amsterdam, entre 1972 et 1974 : Johannes Gachnang, plasticien ; André Thomkins, exposé par le Goethe-Institut, et Markus Raetz, qui réside au même moment dans la métropole néerlandaise. Très tôt déjà, Gaspare O. Melcher se trouve confronté aux travaux d’Alberto Giacometti et d’Adolf Wölfli, qui vont rester pour lui des modèles. Vis-à-vis d’Emilio Vedova, ce rebelle dont il est l’assistant durant une brève période (académie d’été de Salzbourg en 1969), il éprouvera une sorte d’amour-haine. Quant à Dieter Roth et Jean Tinguely, il les considère comme de lointains parents. Concernant Matias Spescha, il voit en lui un artiste extrêmement sensible, mais se sent aussi certaines affinités avec lui du fait de leurs origines grisonnes communes.

La suite Hommages montre bien toute l’originalité dont témoigne Melcher dans la pratique du collage. L’artiste y instille avec bonheur la cohérence d’un langage plastique qu’il a élaboré au fil des années, et qui se voit du même coup renouvelé.

Jusqu’au 8 février 2014